Pourquoi Tours joue à fond la carte du « Gaming »

TOURS (INDRE-ET-LOIRE). Avec une quarantaine d’acteurs spécialisés dans le divertissement digital, la métropole de Tours veut capitaliser sur cette filière émergente. Objectif, devenir à terme un des principaux centres névralgiques français du jeu vidéo. La tenue en 2024 en Indre-et-Loire d’un événement d’ampleur nationale illustre cette volonté de rapide montée en puissance dans un marché qui a généré 11 milliards d’euros de recettes en 2021.
L’incubateur tourangeau de Start up Mame veut devenir le principal totem du divertissement digital en Centre Val de Loire (© MAME-2)
L’incubateur tourangeau de Start up Mame veut devenir le principal totem du divertissement digital en Centre Val de Loire (© MAME-2) (Crédits : Reuters)

Le secteur du divertissement digital, représenté par les éditeurs de jeux vidéo, les organisateurs de compétitions de e-sport (sport en ligne), enfin les exploitants de salles de réalité augmentée, s'enrichira en 2024 d'une nouvelle manifestation de taille nationale, probablement en Touraine. Pixel Players, le cluster constitué en novembre 2021 pour fédérer et organiser cette filière encore émergente sur le territoire, réfléchit encore au format. Il devrait être proche de la Gamers Assembly de Poitiers qui, en quelques années, est devenu un rendez-vous incontournable de la filière du jeu vidéo en France.

La métropole de Tours recèle de plus de 50 entreprises évoluant autour du divertissement digital, dont plusieurs gros acteurs de notoriété nationale. Ainsi, la société de production de Web TV Solary emploie une « écurie » de 30 joueurs professionnels et occupe régulièrement les premières places des compétitions internationales. Electronic Sports League (ESL) France, filiale de la plate-forme allemande de jeux vidéo de compétition (e-sport) ESL Gaming GMBH, est aussi installée à Tours. La Touraine héberge également l'agence de communication et d'influences spécialisée WSC, l'un des leaders avec une cinquantaine de salariés. Varonia, basée à Rochecorbon dans l'agglomération tourangelle, vient enfin renforcer l'écosystème. Cette société, dont les solutions techniques équipent une trentaine de salles de jeux vidéo dans l'Hexagone, compte essaimer en l'Europe l'année prochaine.

« On estime d'ores et déjà à plusieurs centaines le nombre d'emplois générés par le divertissement digital sur le territoire du Centre-Val de Loire, dont la majeure partie se situe à Tours et ses environs. Il dépassera le millier d'ici trois ans, en 2025, assure Ferréol Chevalier, Pdg de la société Need for Seats, distributeur des sièges de marque Maxnomic. Installé à Saint-Pierre-des-Corps, le dirigeant a été à l'origine de la création Pixel Players. Ce cluster dispose désormais d'un espace de 400 m2 au sein de l'incubateur de start up de la métropole de Tours, l'espace Mame. « Le début de structuration de la filière nous a permis de devenir des interlocuteurs reconnus vis-à-vis des collectivités et des acteurs privés, poursuit Ferréol Chevalier. Pixel Players possède également une capacité d'attractivité auprès des sociétés extérieures pour venir s'installer dans un bassin d'entreprises organisé ». Ainsi la société clermontoise de Team building Mirage Elyandra et sa douzaine de collaborateurs a récemment rejoint la Touraine.

Une carte à jouer à l'échelle régionale et nationale

La nouvelle carte à jouer de la métropole de Tours sur le terrain du divertissement digital se situe à la fois au plan régional et national. « Nous avons clairement fléché le divertissement digital comme une future filière d'excellence encouragée et soutenue financièrement par la métropole de Tours, explique Thibault Coulon, son vice-président chargé de l'économie. Son développement passe notamment par une offre de formations à ces nouveaux métiers en train de s'enrichir parallèlement ». Outre l'école tourangelle de graphisme Brassart, le territoire dispose notamment d'un campus de Cefim, l'école du Web et des réseaux. La Wild code School est également présente à Tours. Face à sa concurrente Orléans, également dynamique sur le segment du jeu vidéo, la métropole de Touraine compte bien prendre le leadership régional.

Lire aussiPourquoi Tours Metropole dégaine son Hub éco

L'enjeu est de taille d'autant plus que le Centre-Val de Loire est l'une des dernières régions de l'Hexagone qui ne possède pas encore de Hub de gaming arrivé à maturité. La place est donc à prendre pour Tours qui rêve de compter à moyen terme en son sein une future licorne. L'industrie française du gaming, reconnue comme l'une des premières dans le monde avec des leaders internationaux comme Ubisoft et Arkane studios, a réalisé en 2021 un chiffre d'affaires de 11 milliards d'euros, supérieur au cinéma et à la musique. Avec 10 millions d'euros de recettes générées à ce stade par les entreprises du Cluster Pixel Players, la marge de croissance reste exponentielle pour le bassin d'entreprises tourangeau, et plus globalement du Centre-Val de Loire.

Banque des Territoires | Partenaires

Les territoires qui se renouvellent face à la crise

Revivez la 1ère journée du Transition Forum 2022

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.