La logistique sans faille des tests Covid en drive

FACE A LA CRISE. Début mars, le premier cas de suspicion de Covid19 avait fait souffler un vent de panique à Ajaccio, qui allait accueillir le troisième cluster de France.
1 prélèvement par minute, c'est la cadence soutenue en période de pointe par le drive d'Ajaccio
1 prélèvement par minute, c'est la cadence soutenue en période de pointe par le drive d'Ajaccio (Crédits : Canarelli-Fernandez-Colonna)

Admis le lundi, un jeune homme revenu d'Italie avait dû attendre jusqu'au mercredi pour pouvoir regagner son domicile, et attendre que ne s'élève depuis le continent la fumée blanche sur son état de santé. Aucun laboratoire n'était en mesure de le tester localement, « manque » constituant une preuve supplémentaire de la discontinuité territoriale. À l'aube du confinement, l'île devait être en mesure de réaliser ses propres tests pour faire face à la crise qui allait déferler.

Dans cette montée en puissance des moyens sanitaires, le laboratoire ajaccien Canarelli-Colonna-Fernandez a joué un rôle déterminant en proposant le premier drive de Corse où étaient réalisés des tests RT-PCR. Dans les prémices, le laboratoire a dû acquérir le type de tests coréens RUO (Research Use Only), réservés d'abord à la recherche, validés par la suite par les autorités compétentes.

« Beaucoup de produits sont arrivés congelés à -80 °C, alors nous avons préparé nos kits en amont, nous sommes passés par toutes les étapes de la logistique », détaille le Dr Jean Canarelli, médecin biologiste, associé et gérant du laboratoire Canarelli-Colonna-Fernandez.

Cadence soutenue

Au total, 10.000 prélèvements ont été effectués sur le site basé à Ajaccio, dont 700 se sont révélés infectieux.

« Nous savions que ce modèle existait ailleurs, comme en Allemagne ou aux États-Unis, alors nous avons installé un barnum à l'extérieur du laboratoire pour éviter le croisement des patients Covid avec les autres ; notre priorité était, bien sûr, la sécurité, poursuit le médecin.

Nous avons mobilisé les forces en présence car notre activité s'était effondrée, et avons repositionné notre personnel, qui s'est dévoué de manière exemplaire dans un environnement risqué. »

À une cadence soutenue, les 90 salariés se mettent en ordre de marche toute la semaine, jusqu'à 22 heures le soir, pour multiplier les prélèvements et les analyser dans la journée au mieux, sinon dans les vingt-quatre heures. Les huit sites corses de l'entreprise tournent bientôt autour du test Covid19. Le principe du drive est d'une grande simplicité : le patient ne pénètre pas dans une salle d'attente mais reste dans sa voiture pour subir un test PCR effectué par un médecin biologiste vêtu d'une tenue de protection. Le seul contact est l'écouvillon introduit dans la zone nasopharyngée.

Une logique de service public

« Le dossier était sur réservation afin que tout soit prêt à l'arrivée des véhicules : en période de pointe, on pouvait tourner à 60 prélèvements à l'heure pour deux biologistes », détaille le Dr Canarelli, attaché à trois principes, « sécurité, efficacité, logistique ».

D'autres laboratoires de Corse, à Corte et à Bastia, ont ensuite opté pour la même démarche.

« Nous n'étions pas dans une logique de profit mais de service public, et il en a été de même avec les cliniques ajacciennes qui ont coopéré avec le public en devenant la base arrière de l'hôpital, qui était surchargé », se félicite Jean Canarelli.

Une démarche de « coconstruction » vertueuse entre le public et le privé qu'il appelle de ses voeux et qu'il espère voir s'ériger en « modèle ».

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