"Caddie possède beaucoup d'arguments, une marque extrêmement connue" (Stéphane Dedieu, PDG)
Olivier Mirguet
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LA TRIBUNE - Caddie se retrouve en redressement judiciaire pour la troisième fois en dix ans, après les défaillances de 2012 et 2014. Comment votre société est-elle arrivée dans cette situation ?
Stéphane Dedieu - Cette défaillance est due principalement aux soucis du Covid, qui nous ont désorganisé. La production a été arrêtée à de nombreuses reprises en 2020 et 2021. Nous n'étions pas très riches en trésorerie. Une société industrielle qui ne produit pas de manière constante ne parvient plus à réaliser ses marges. Afin de réduire nos frais de structure et abaisser le point mort, nous avons fermé l'une de nos usines à Drusenheim pour la regrouper avec une autre, à Dettwiller. Nos lignes de production sont assez complexes, comme dans l'industrie automobile. Nous avons connu des problèmes quand il a fallu rebrancher les robots, et nous avons encore perdu des jours de production. Le prix des matières premières a parfois doublé. Les clients ne voulaient pas forcément accepter les hausses de prix. Finalement, on s'est retrouvé avec une trésorerie défaillante.
Pour quelles raisons avez-vous échoué dans vos tentatives de redressement ?
Nos sites industriels se trouvaient sur deux bassins d'emploi différents en Alsace. A Drusenheim, nous étions sur le bassin d'emploi de Haguenau et à Dettwiller (situé à 42 kilomètres de Drusenheim, NDLR), on était sur le bassin d'emploi de Saverne. Vous ne pouvez pas obliger vos salariés à passer d'un bassin d'emploi à un autre. 35 salariés ont refusé la modification de leur contrat de travail. Nous avons été obligés de faire une procédure collective, en l'occurrence un plan de sauvegarde de l'emploi. Au total, 41 personnes ont été licenciées lors de ce PSE. Et en ce début d'année, Caddie compte encore 140 salariés.
Les syndicats estiment pourtant que votre société a été soutenue pendant la crise, avec deux prêts garantis par l'Etat.
C'est exact. On a eu des PGE comme tout le monde. Le problème, c'est que ces emprunts ne produisent pas de valeur. Il y a beaucoup de sociétés qui vont se retrouver devant le même problème que nous. Comment rembourser si cet argent n'est pas producteur de valeur ?
Olivier Mirguet