Né pendant la première vague de l'épidémie de Covid, en avril 2020, le fabricant alsacien de masques grand public Barral a connu un démarrage d'activité en mode start-up. 14 millions de masques ont été fabriqués à Rouffach (Haut-Rhin) dans ses installations industrielles aménagées à la hâte avec le concours de l'équipementier automobile Mahle-Behr. Les masques ont été vendus en huit mois. Lavables car fabriqués en tissu, ils présentaient toutefois un prix de vente élitiste (2,74 euros l'unité). Mais le marché était demandeur en 2020 et le chiffre d'affaires s'est établi à 14 millions d'euros, pour un résultat bénéficiaire.
Début 2021, il a fallu revoir le modèle économique de Barral, basé précédemment sur la commande publique.
Chef de file d'un groupement de six entrepreneurs locaux, précédemment affiliés ou proches du pôle de compétences du textile alsacien, il avait levé le capital initial de Barral (200.000 euros) en trois semaines au printemps 2020. Mais depuis, les ventes de masques grand public, très liées aux périodes de confinement, ont rapidement chuté en France. Selon l'institut d'études de consommation NielsenIQ, les ventes dans les hypermarchés et supermarchés en France se sont élevées à 86,6 millions d'euros au cours des trois premiers trimestres de l'année 2021, contre 323,9 millions d'euros sur la même période en 2020. Soit une chute en valeur de 73 %.