Sur le marché de la bière dominé en France par Kronenbourg (groupe Carlsberg), Heineken et AB InBev, l'alsacien Meteor témoigne de la résilience dont peuvent encore faire preuve les brasseurs indépendants. Malgré l'externalisation des fonctions support qui n'étaient plus liées à son cœur de métier, l'entreprise de Hochfelden (Bas-Rhin) a conservé ses effectifs (230 salariés) depuis trois décennies. Frappée depuis mars 2020 par une crise sans précédent qui a entraîné la fermeture pendant plus de six mois des cafés, hôtels et restaurants (CHR), Meteor a eu recours à un chômage partiel massif. La brasserie a vu son chiffre d'affaires chuter de 33 %. "Nous avons été touchés de plein fouet parce que notre activité est orientée à plus de 50 % vers les cafés, hôtels et restaurants", explique Michel Haag, président sortant de Meteor, en poste de 1975 à 2021.
L'activité de l'entreprise familiale s'est établie à 43 millions d'euros en 2020 contre 64 millions d'euros en 2019. La production a atteint 350.000 hectolitres en 2020, contre 490.000 hectolitres un an plus tôt. "Notre brasserie a bénéficié d'aides : exonérations de charges sociales, fonds de solidarité, aides sur les frais fixes", détaille Edouard Haag, qui a accédé en février 2021 à la présidence de l'entreprise. A 35 ans, il incarne la huitième génération de dirigeants de cette brasserie dont l'origine remonte à 1640. Pour amortir la crise, Meteor a pioché dans ses réserves. "Notre entreprise est gérée selon un modèle familial rhénan. Les bénéfices ont été réinvestis régulièrement. Les exercices 2017 à 2019 étaient à inscrire parmi nos meilleures années, avec des résultats nets avant impôts avoisinant 2 millions d'euros", calcule Edouard Haag. Incertaine quant à ses besoins en fonds de roulement, la brasserie a souscrit en avril 2020 un prêt garanti par l'Etat (PGE). La trésorerie apportée n'a pas été consommée, et la dette reste maîtrisée avec un ratio de 0,4 entre l'endettement et les fonds propres.