Le Ceti recycle les fibres « courtes » du coton
Gaëtane Deljurie
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Le Centre européen des textiles innovants travaille avec des marques comme Décathlon et Okaïdi.
Ceti
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Le Centre européen des textiles innovants travaille avec des marques comme Décathlon et Okaïdi.
Ceti
C'est une première en Europe. Le nouvel outil - qui a nécessité deux ans de recherche et développement ainsi que 2 millions d'euros d'investissement - permet de fabriquer un nouveau fil où le composant recyclé représente une large partie du produit fini. Soit un taux bien supérieur à la plupart de ceux commercialisés en Occident. L'innovation réside dans le fait qu'effilochage et filature sont réunis dans un même process synchrone, où tous les métiers s'enchaînent du début à la fin.
Concrètement, un vêtement 100 % coton usagé passe d'abord par la déchiqueteuse, afin d'être réduit en morceaux. L'ensimage permet ensuite d'assouplir la matière avant l'effilochage, qui extrait les fibres afin d'obtenir une matière comparable à du coton vierge. Cette matière est alors précisément mélangée à du coton vierge. Le cardage permet enfin d'obtenir un ruban et il ne restera plus qu'à filer le fil, utilisé pour la création de nouveaux vêtements.
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D'après le Ceti, le résultat des premières expérimentations menées avec des marques comme Okaïdi, Décathlon, TDV Industries ou Laroche, est très encourageant. Le fil en coton développé à 100 % au Ceti réussit à être composé de 70 % de fibres recyclées et de 30 % de fibres vierges. Pascal Denizart, directeur général du Ceti, espère même « atteindre 80 %, voire 90 %, de fibres recyclées lorsque toutes les machines seront synchronisées. » Le 100 % recyclé n'est pour autant pas pour demain. La fibre réutilisée, mesurant de 14 à 16 mm, a techniquement besoin d'une autre fibre d'au moins 22 mm pour être filée, d'où l'usage de la laine vierge dans le process. L'innovation reste en tout cas très prometteuse dans un contexte où le coton, particulièrement gourmand en eau, représente encore 30 % de la matière première dans l'industrie textile mondiale. Cette nouvelle technologie arrive également à un moment charnière où l'industrie de la mode recherche des alternatives au polyester, dérivé du pétrole, et encore utilisés à 70 % dans le secteur. L'interdiction de la destruction des invendus, à partir de 2021, devrait en parallèle accélérer la transformation de toute la filière.
Gaëtane Deljurie
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