"Le ciel s'est assombri" pour les professionnels du recyclage

L'impact est particulièrement visible sur la filière papiers-cartons, les prix du carton recyclé ayant atteint leur niveau le plus bas depuis dix ans.
Reuters

L'impact est particulièrement visible sur la filière papiers-cartons, les prix du carton recyclé ayant atteint leur niveau le plus bas depuis dix ans.
Reuters
Le regain d'optimisme manifesté par les industriels du recyclage l'an dernier paraît déjà loin.
Malgré la nouvelle hausse de 2% des déchets collectés, qui ont atteint 107 millions de tonnes, le chiffre d'affaires global des entreprises du recyclage a en effet baissé de 0,8%, se stabilisant à 9 milliards d'euros, révèle l'observatoire statistique du marché publié par Federec mercredi 30 octobre.
Et l'augmentation de 9% des investissements, qui s'élèvent à 568 millions d'euros, est motivée autant par les bons résultats de 2017 que par la crainte de "temps durs", analyse Jean-Philippe Carpentier. Quant à la croissance de 1,6% des emplois, elle s'accompagne d'une diminution de 9% du nombre des entreprises, due à "l'émergence d'un nouveau phénomène de concentration, bien que moins fort qu'il y a dix ans", souligne-t-il.
Les perspectives restent d'ailleurs plutôt mornes aussi pour 2019 et 2020. Seulement 15% des entreprises du secteur prévoient en effet d'augmenter leur chiffre d'affaires en 2019, alors que 30% anticipent même une régression, selon l'observatoire.
rix du carton recyclé ayant atteint leur niveau le plus bas depuis dix ans.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Mais les effets de la fermeture des portes chinoises se font également sentir dans la filière plastiques, où les exportations hors Union européenne ont chuté de 18% à 3% entre 2017 et 2018, et où le prix s'est écroulé, notamment pour les films d'emballage. "Globalement, la baisse des prix a engendré une diminution du chiffre d'affaires de nos entreprises de 4,5%", souligne Pierre Moguerou, président Federec plastiques.
préparé à partir de déchets), qui pourrait absorber 2,5 millions de tonnes de déchets ultimes en 2025. C'est plus d'un tiers des 8 millions de tonnes qui, selon la loi transition énergétique de 2015, ne pourront plus être enfouis.
| Lire aussi: Le compostage des boues d'épuration en sursis
La mise en oeuvre de la récente directive européenne sur les plastiques à usage unique, qui fixe des objectifs d'incorporation de plastique recyclé de 25% en 2025 et de 30% en 2030, est aussi une opportunité, puisqu'elle "fait espérer le développement de nouvelles usines en France et en Europe", note Pierre Moguerou. En France, Federec regrette toutefois un "contexte réglementaire incertain", en citant notamment le projet de consigne de bouteilles en plastique du gouvernement, qui mettrait à son sens en danger l'équilibre de la filière de recyclage des plastiques.
À lire également