Anne Hidalgo : « Il faut aller plus loin sur la gratuité » des transports urbains
Natasa Laporte

Photo d'illustration
DR
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C'est en se souvenant du sentiment d'urgence face au défi climatique, à l'issue de la COP21, en 2015, ainsi que des engagements en faveur du climat pris par 1000 maires dans le monde, réunis à l'époque à Paris, qu'Anne Hidalgo a inauguré mardi l'édition 2019 du forum Paris City Life.
Autre souvenir, dès le lancement des travaux liés aux engagements de l'accord de Paris, par son équipe municipale, « nous nous sommes heurtés à des lobbys violents et puissants. Ils sont venus nous voir en nous menaçant: si vous ne changez pas de discours, on vous fera battre aux prochaines élections », a souligné Anne Hidalgo.
Même volontarisme quant à l'avenir des mobilités.
Autrement dit, prendre sa voiture en ville, c'est confondre dépendance et liberté... En clair, l'enjeu est de sortir de cette dépendance grâce à plusieurs modes de déplacement possibles. Métro, vélo personnel ou partagé, à assistance électrique ou non, véhicule électrique en mode partagé...
« Pour ce qui est du réseau principal de mobilité, à savoir le métro, le bus, le tram... on doit aller vers la gratuité », a par ailleurs précisé Anne Hidalgo. Une question qui doit se travailler de manière « pragmatique », dit-elle. Et de citer des mesures de gratuité prises pour les retraités à partir de 65 ans sous conditions de ressources, pour les enfants jusqu'à 11 ans depuis septembre dernier, sans oublier la prise en charge de la moitié du montant annuel du pass Imagine R pour les adolescents. « Il faut aller plus loin sur la voie de la gratuité pour ces jeunes », a poursuivi l'élue tout en martelant :
Plus généralement sur les défis climatiques et de mobilité, « ce qui me rend optimiste, c'est la mobilisation des jeunes », a conclu la maire de Paris qui, jusqu'à récemment, assurait la présidence du réseau C40 villes. Pour accélérer, « il faut écouter les jeunes et au-delà, les impliquer dans le processus de décision ». Une volonté qui se traduit par la mise en place d'une « académie du climat » à Paris, où des scientifiques viendront partager leurs connaissances avec la jeunesse. Un lieu d'où pourraient sortir de nouvelles solutions.
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D'autant que, face au dérèglement climatique qui s'accélère, l'urgence est là. « J'étais plus optimiste à la sortie de la COP de Paris », a avoué de son côté le climatologue et glaciologue Jean Jouzel, en dialoguant lors de la session d'ouverture du Forum Paris City Life avec la maire de Paris. Déplorant le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris, celui qui fut vice-président du groupe scientifique du GIEC a rappelé que « le succès de l'accord de Paris, c'était son universalité ». Pour éviter des conséquences dramatiques liées au réchauffement climatique, les Etats seront en tout cas appelés à prendre des engagements plus contraignants lors de la COP25. Rendez-vous est donné du 2 au 13 décembre en Espagne, à Madrid.
Natasa Laporte