Ecarté des Jeux olympiques, Total reprend les bornes Autolib' à Paris

Après avoir été écarté des Jeux olympiques de 2024 l'an dernier, la compagnie pétrolière vient de se voir attribuer le marché des bornes de recharge de la ville de Paris, opérées par Bolloré jusqu'en 2018. Une récompense pour le verdissement de son image et de ses activités, le groupe mettant le cap sur les énergies renouvelables.
César Armand
(Crédits : CHARLES PLATIAU)

Changement de cap pour Paris dans ses relations avec Total. La Ville a fait savoir, ce 12 novembre, avoir choisi la compagnie pétrolière pour reprendre les bornes de recharge électrique Autolib', opérées par Bolloré jusqu'en 2018. Cette dernière s'est engagée à déployer, entre mai 2021 et septembre 2024, 1.830 points de charge en surface, 70 bornes doubles pour les deux-roues et 80 bornes de recharge en parking souterrain. Elle s'acquittera d'"une redevance minimum garantie de l'ordre de 2,9 millions d'euros en année pleine", a précisé la capitale à l'AFP.

Ce n'est pas une première pour Total. Déjà présent dans les régions d'Amsterdam et de Bruxelles, le groupe coté a également annoncé hier avoir acquis, auprès du groupe Viessmann et de sa filiale Digital Energy Solutions, l'entité Charging Solutions, spécialisée dans les infrastructures de recharge pour véhicules électriques, pour devenir l'opérateur d'un réseau de 2.000 points de recharge en Allemagne. Déjà, le 29 septembre dernier, il avait communiqué sur l'achat à Bolloré de la société Blue Point London, premier réseau pour véhicules électriques de Londres avec plus de 1.600 points de charge. Son objectif est clair: un parc de 150.000 bornes en Europe d'ici à 2025.

Psychodrame sur les JO en novembre 2018

En attendant, la décision de l'Hôtel de Ville doit encore être soumise la semaine prochaine au vote du Conseil de Paris. Elle n'en reste pas moins étonnante. Il n'y a pas si longtemps encore, Anne Hidalgo faisait comprendre à son Pdg que Total ne pourrait être sponsor des Jeux olympiques et paralympiques de 2024. En assemblée générale le 29 mai 2019, Patrick Pouyanné avait rapporté que "la maire de Paris [avait] des doutes sur le fait que Total puisse contribuer à ces Jeux".

"Il n'est pas envisageable à mes yeux que Total puisse être un sponsor contre l'avis de la maire de Paris", avait déclaré le pdg du groupe coté, espérant"la convaincre que Total est à la fois une entreprise éthique et engagée dans la vie des énergies renouvelables".

En réalité, la mairie ne souhaitait pas revivre le psychodrame du Conseil de Paris de novembre 2018. Durant ce dernier, avait été adoptée une convention tripartite de mécénat entre la municipalité, la Fondation du patrimoine avec le soutien financier de la fondation d'entreprise Total et l'association Théâtre musical de Paris pour financer des travaux au théâtre du Châtelet. Considérant qu'il existait "une disproportion entre la somme reçue (et) les contreparties", le groupe EELV avait écrit le 7 janvier 2019 au préfet de Paris, préfet d'Île-de-France pour que "soient vérifiés certains points de légalité de cette délibération et notamment regarder si cette convention de mécénat ne pourrait pas être requalifiée en marché public".

Le retour d'un Total plus vert dans les JO ?

A la suite de ces péripéties, Anne Hidalgo aurait déclaré devant plusieurs témoins qu'elle ne souhaitait plus revivre ce genre de confrontations avec sa majorité. Un an et demi plus tard, ces élus ont mis leurs querelles de côté. Le président d'alors du groupe EELV David Belliard, candidat au premier tour des élections municipales, est devenu adjoint à la maire de Paris chargé de la Transformation de l'espace public, des Mobilités et des Transports. Aussi a-t-il expliqué à l'AFP, que l'offre de Total était "la mieux-disante, mais surtout il n'y a pas d'acteurs 100% énergie renouvelable en capacité de répondre à ce type de marché".

"Total est l'un des rares acteurs du monde pétrolier à s'être verdi un maximum", acquiesce Jean-Pierre Lecoq, maire (LR) du VIème arrondissement et orateur du groupe "Changer Paris" sur les questions d'urbanisme. Avant d'interpeller l'équipe d'Anne Hidalgo: "Considèrent-ils que le Total d'aujourd'hui est meilleur que le Total d'il y a un an et demi ? N'est-ce pas le moment de les faire revenir dans les JO ?" Quoiqu'il en soit, une chose est sûre: les débats risquent d'être animés les 17, 18 et 19 novembre prochain dans l'hémicycle de l'Hôtel de Ville.

César Armand

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