Grand Paris : l'axe fluvial Paris-Le Havre peut-il redevenir compétitif ?

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L'Île-de-France a noué plus de liens économiques avec le port d'Anvers, en Belgique, qu'avec le port du Havre.
L'Île-de-France a noué plus de liens économiques avec le port d'Anvers, en Belgique, qu'avec le port du Havre. (Crédits : Décideurs en région)
L'optimisation de l'axe fluvial Paris-Le Havre est souvent citée comme un élément essentiel pour accroître la compétitivité de l'agglomération francilienne. Mais le port du Havre est en retard.

De l'avis de tous, l'axe fluvial Paris-Le Havre est économiquement sous exploité. Preuve en est, pour importer et exporter, l'économie de l'Île-de-France s'appuie davantage sur le port d'Anvers (60 % de parts de marché, via la route et les trains) en Belgique que sur le port du Havre (25 % de parts de marché). Une situation qui paraît anormale et à laquelle les pouvoirs publics souhaitent remédier. Plusieurs initiatives allant dans le sens du développement du transport de marchandises par la Seine sur l'axe le Paris-Rouen-Le Havre émergent.

Reconquérir les berges de Seine

Une mission parlementaire a par exemple été chargée d'élaborer une vision stratégique à cinq ans pour ce projet. Par ailleurs, les trois grands villes concernées vont lancer au mois de février un appel à projets sur le thème « Réinventer la Seine », en partenariat avec des communautés d'agglomération, telles qu'Est Ensemble, Plaine Commune, la communauté d'agglomération Seine-Amont ou Arc-en-Seine, afin de développer de nouveaux usages des berges du fleuve.

« L'idée est de reconquérir les berges de la Seine et de canaux très importants, afin d'avoir une cohabitation harmonieuse entre divers usages : les loisirs, les activités culturelles, l'industrie, la logistique, et de nouveaux usages innovants », a indiqué jeudi à l'AFP l'adjoint de la Ville de Paris chargé de l'Urbanisme, Jean-Louis Missika. Le réaménagement « en profondeur de certains très grands sites prendra quatre ou cinq ans », a-t-il aussi expliqué.

Redevenir compétitif

Cette initiative s'inscrit dans une mouvance qui voudrait que la Seine et les ports du Havre et de Rouen redeviennent des atouts majeurs pour l'économie l'Île-de-France. Le GIE public Haropa (pour Havre-Rouen-Paris) - Ports de Seine Normandie, s'attèle ainsi à faire de l'axe fluvial un des tous meilleurs en Europe.

La tâche est cependant très ardue. D'abord parce que le port du Havre est beaucoup plus petit que celui d'Anvers où entre trois et quatre fois plus de conteneurs sont traités chaque année. Ensuite parce que tout n'a pas été parfait dans la réalisation du port normand : les très modernes infrastructures de port 2000 sont, selon ses détracteurs, mal reliées avec la Seine et le ferroviaire. En enfin, parce que le vieux réseau ferroviaire normand mériterait une cure de jouvence. Les phénomènes de congestion à l'approche du centre de l'Île-de-France y sont fréquents et minent les possibilités d'accroître significativement les flux réguliers de marchandises.

L'avenir de filières en dépend

Les enjeux sont de taille : quatre filières importantes de l'économie française sont concernées par l'amélioration de cet axe fluvial. Il y a d'une part l'énergie et la chimie : en effet, trois grandes raffineries bordent la vallée de la Seine. Mais aussi tous les secteurs intéressés par les flux de marchandises.
Par ailleurs, « Rouen est le premier port de céréales en Europe », rappelle Antoine Berbain, directeur général délégué d'Haropa. C'est donc tout un secteur qui espère que le projet Paris-ports de Seine Normandie marchera.
Et enfin les matériaux de construction pour les secteurs du bâtiment et des travaux publics restent les plus transportés : ils représentent 60 % du transport fluvial. En tout, « 20 millions de tonnes de marchandises sont transportés par an, dont 13 millions pour le secteur de la construction », précise Antoine Berbain.

Améliorer la multi-modalité

Pour Haropa, l'axe fluvial Paris-Le Havre doit se mettre au niveau de ses concurrents, notamment Anvers. Le GIE cible trois grands axes : d'abord agir sur l'offre foncière autour de la Seine pour la logistique et les transferts de marchandises. Le foncier est en effet encore trop cher pour les entreprises.
Ensuite, il faudrait améliorer l'aspect multimodal de toute la zone, reconnaît-on chez Haropa. Comparés à Anvers, le réseau ferroviaire, les routes et le fleuve ne communiquent pas assez entre Le Havre et Paris. Enfin, l'offre douanière doit être à la hauteur. « Il faut des contrôles rapides et efficaces pour supprimer les fraudes », avoue Antoine Berbain.

Un projet écologique ?

Ce projet induit également une vision écologique, puisqu'il permettrait de réduire le trafic et la pollution à l'approche, et à l'intérieur, des centres urbains.
A Paris notamment, des voix s'élèvent pour que soient réservées des berges de la Seine très tôt le matin pour les livraisons de marchandises, afin d'accroître la part du transport fluvial, limiter le trafic routier durant la journée, et ainsi rendre l'air plus respirable dans la capitale.

Bref, indéniablement, le sujet de l'axe fluvial Paris-Le Havre prend de l'ampleur. Et comme l'a expliqué récemment le président de la République, François Hollande, le port du Havre est "en croissance continue depuis 2011 et gagne des parts de marché".

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Commentaires
a écrit le 09/12/2015 à 17:09 :
Sur le projet ferroviaire de Ligne Nouvelle Paris-Normandie, une concertation est en cours sur ce site : carticipe.lnpn.fr
a écrit le 09/12/2015 à 8:23 :
et aussi la parti seine nord
qui depuis 60ans reste une chimère
enterer par m rocard et son interdiction de construire des peniches en France
le seul moyen de transport autorise en France et la route
voir m macron et ses cars
ou est le ferroutage

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