Grand Paris : le BTP fait le dos rond en attendant des jours meilleurs

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Quelles opportunités pour le secteur du BTP grâce au Grand Paris ?
Quelles opportunités pour le secteur du BTP grâce au Grand Paris ? (Crédits : Décideurs en région)
Beaucoup d'entreprises du secteur de la construction ont fait faillite ces derniers mois, notamment les très petites structures. En Île-de-France, celles qui résisteront pourraient connaître des jours meilleurs grâce aux projets du Grand Paris.

Il faut tenir ! Même si la conjoncture affecte très profondément les PME et les TPE franciliennes des secteurs du bâtiment et des travaux publics, celles-ci pourraient, si elles survivent, vivre des jours meilleurs dans les années à venir. Actuellement le contexte est pourtant très défavorable. Concernant le bâtiment « les défaillances d'entreprises, malgré une nette baisse au deuxième trimestre, progressent encore de 2,4 % en glissement annuel sur l'ensemble du premier semestre 2015 », expliquait dans un discours Jacques Chanut, le président de la fédération française du bâtiment. Les très petites structures qui emploient entre 1 et 3 salariés sont les plus affectées. De sont côté, le secteur des travaux publics prévoit une baisse de près de 10 % de son activité en 2015 et a déjà perdu entre 10.000 et 15.000 emplois...

Tenir au moins deux ans

Bref, les temps sont durs pour les entreprises du secteur de la construction. Mais pour celles opérant en Île-de-France, le lancement des projets de la métropole du Grand Paris pourrait faire changer la donne. « Les entreprises des secteurs du bâtiment et des travaux publics devront encore tenir entre deux ans et deux ans et demi avant de ressentir les effets d'une reprise soutenue de l'activité en Île-de-France », prévoit Pierre-Antoine Gailly, le président de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de la région Île-de-France. « La situation est même paradoxale, puisqu'en cette période, nombre de petites entreprises du secteur de la construction sont en train de fermer ; alors que dans 5 ans elles auront certainement trop de chantiers à assurer ! », remarque-t-il.

Et profiter des projets du Grand Paris

En effet, les effets bénéfiques des grands projets de la future métropole du Grand Paris devraient se faire ressentir d'ici quelques dizaines de mois. « En matière d'investissement, le projet du Grand Paris constitue une opportunité historique pour les entreprises et le territoire. Le potentiel d'investissement pour les quinze prochaines années dépasse les 100 milliards d'euros », se réjouit Pierre Antoine-Gailly. Le métro des Grand Paris, le Charles de Gaulle Express, les opérations d'aménagement autour des 72 gares de la future métropole, ou l'objectif de doubler le nombre de logements construits par an à 70.000 unités sont autant d'opportunités dont pourront bénéficier les entreprises franciliennes du secteur de la construction... et pas seulement les plus grandes, affirme-t-on à la CCI Île-de-France. Sans oublier les deux possibilités de recevoir les Jeux olympiques en 2024 et l'exposition universelle en 2025.

Des opportunités méconnues par les dirigeants

Les dirigeants d'entreprises sont pourtant peu conscients des opportunités générées par le Grand Paris : une enquête d'opinion de la CCI Île-de-France indique que seulement 30 % des chefs d'entreprises voient dans le Grand Paris une opportunité d'accroissement. Davantage concernés, les dirigeants d'entreprises du secteur de la construction sont 40 % à espérer une opportunité d'accroissement, et les grandes entreprises 35 %. De même, seulement 16 % des dirigeants interrogés par les auteurs de l'enquête estiment que les projets du Grand Paris généreront des besoins en compétences, 24 % pour le seul secteur de la construction, et 22 % pour les grandes entreprises. Pis encore, 45 % des chefs d'entreprise n'ont aucune attente vis-à-vis du Grand Paris...

Travail de sensibilisation

Un travail massif de sensibilisation des dirigeants au Grand Paris reste donc à faire, que ce soit par l'intermédiaire des pouvoirs publics, des fédérations professionnelles et des chambres de commerce. Conscientes des opportunités de profits, les fédérations professionnelles les plus concernées se sont d'ailleurs d'ores et déjà mis en ordre de bataille. Elles vont créer un baromètre qui surveillera l'évolution de l'activité sur le territoire du Grand Paris, histoire de produire des arguments afin de sensibiliser les politiques, qui ont de leur coté de grandes difficultés à s'entendre sur la gouvernance de la métropole.

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a écrit le 11/10/2015 à 11:41 :
Si on autorisait les démolitions reconstructions en région parisienne ce serait plus facile.
Quand on arrive en train on est frappé par la vétusté et la misère du bâti en région parisienne.

Il y a des hectares de petites bicoques trop petite à mettre par terre pour mettre le tout aux normes actuelles.

Idem pour les voiries d'un autre âge...
accéder en banlieue est un calvaire
Réponse de le 11/10/2015 à 21:32 :
Et qui va payer ça ? C'est toi peut etre ? Tu crois c'est gratuit ?
Réponse de le 11/10/2015 à 23:49 :
Sûr qu'avec une absence de vision on avance.
Qui paye ?

Celui qui rachète le terrain et le valorise.
Les personnes et entreprises qui entre dans un habitat plus confortable
Les économies
La densification au m2...

Comment a fait Haussmann pour rénover Paris ?
Qui a payé pour les nouveaux immeubles ?

Combien de points de croissance et de milliards perdus par un habitat polluant et inadapté à son temps ?

Qui paye qui paye qui paye ? OK

Mais combien ça rapporterait ????
Réponse de le 12/10/2015 à 16:19 :
C'est comme dire : "ça serait une bonne idée de supprimer la pauvreté dans le monde" "ça serait une bonne idée de rendre le monde beau, propre, blablabla...". Un idéalisme qui est parfois dangereux car peut se terminer en dictature en forçant les gens à faire ce qu'ils n'ont pas envie de faire, même si à la base, ça part d'un bon sentiment...
a écrit le 11/10/2015 à 9:18 :
c'est bien ça. nos entreprises ont trop misé sur l'immo/BTP.
on a construit trop de logements. d'ou baisse des mises en chantier.
les dépenses publiques sont réduites. d'ou baisse de l'activité TP.
l'immo/BTP tire donc le PIB et l'emploi vers le bas en ce moment.

on a probablement validé les LGV Sud Ouest malgré avis négatif pour faire plaisir aux fédérations du BTP.

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