Présidentielle 2022 : les maires d’Île-de-France entrent en campagne

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Le président (ex-LR) de l'association des maires d'Île-de-France Stéphane Beaudet et son premier vice-président (UDI) Jean-Philippe Dugoin-Clément.
Le président (ex-LR) de l'association des maires d'Île-de-France Stéphane Beaudet et son premier vice-président (UDI) Jean-Philippe Dugoin-Clément. (Crédits : Montage La Tribune Olivier Desaleux/Moïse Fournier)
L'association des maires d'Île-de-France (AMIF) va sonder dans les trois prochaines semaines les 1.287 maires franciliens pour connaître leurs attentes économiques et politiques. Objectif: adresser un manifeste intitulé « Pour une nouvelle et véritable décentralisation » aux candidats à l'élection présidentielle.

« La commune doit-elle demeurer l'échelon institutionnel de base pour l'Île-de-France ? Si oui à quelles conditions ?», « Quel type de partenariat l'État et les collectivités territoriales doivent-ils nouer ? », « Quels besoins spécifiques d'investissement l'Île-de-France doit-elle faire valoir auprès de l'État au regard de sa situation particulière (démographie, polarisation et hétérogénéité territoriale) et des conséquences de la crise sanitaire ?», « Une structuration polycentrique de l'Île-de-France est-elle souhaitable ?», « Quel l'avenir institutionnel l'Île-de-France peut-elle viser ?» et « Un renforcement de la différenciation institutionnelle des territoires d'Île-de-France est-il imaginable, dans une "décentralisation à la carte" ?», Via l'agence de concertation spécialisée dans l'accompagnement des territoires Palabreo, l'association des maires d'Île-de-France (AMIF) va poser ces six questions aux 1.287 maires franciliens d'ici au 23 avril.

Un manifeste intitulé  « Pour une nouvelle et véritable décentralisation »

Suivront en mai-juin des réunions de travail en webinaires sur chacun de ces sujets au cours desquels interviendront un ou deux « grands témoins » ainsi qu'un ou deux maires. Objectif : présenter un rapport global au salon de l'AMIF les 30 juin et 1er juillet qui sera adressé aux candidats à l'élection présidentielle de 2022 sous forme de manifeste intitulé « Pour une nouvelle et véritable décentralisation ».

Après avoir ouvert des cahiers de doléances en mairie en pleine crise des « Gilets jaunes » de 2018-2019 et « mené la fronde » contre la réouverture des écoles en mai 2020, « il est temps que les élus fassent entendre leur voix ! » tonne le président (ex-LR) de l'association et maire d'Evry-Courcouronnes (Essonne), Stéphane Beaudet.

« Ce sera un vrai travail d'Etats généraux pour donner la parole à tous les maires », insiste le vice-président chargé des Transports à la Région.
« Avec cette photographie de la situation, nous connaîtrons nos lignes de force, nos lignes rouges et même nos désaccords communs », renchérit Jean-Philippe Dugoin-Clément, 1er vice-président de l'AMIF, maire de Mennecy (Essonne) et aussi VP au conseil régional.

Une concertation gouvernementale abandonnée à cause de la Covid

Tous deux reprochent au projet de loi 4D - décentralisation, décomplexification, déconcentration, différenciation -, qui doit être présenté début mai en Conseil des ministres, de ne pas traiter la complexité de l'Île-de-France. Ni sur la perte d'autonomie financière et fiscale des communes du fait de la crise économique et sanitaire, ni sur la démocratie locale.

Les deux maires n'ont pas tort, la ministre de la Cohésion des territoires et des Relations avec les Collectivités territoriales Jacqueline Gourault a écarté la région-capitale du texte final. Au départ pourtant, l'exécutif avait demandé au ministre des Collectivités Sébastien Lecornu, désormais chargé des Outre-Mer, de conduire une concertation avec les élus locaux.

Le report sine die de cette dernière à cause de la Covid-19 a poussé la quasi-totalité des députés (LREM) franciliens à déposer en décembre 2020 une proposition de loi visant à engager une réforme institutionnelle. Elle n'a jamais été inscrite non plus à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale.

Une réforme à mener dès le début du prochain quinquennat

Dans le même temps, les sénateurs de Seine-Saint-Denis Philippe Dallier (LR) et de l'Isère (RDPI) Didier Rambaud viennent de publier, ce 31 mars 2021, leur rapport d'information intitulé « Réformer la gouvernance du Grand Paris : une méthode, une grille de lecture, un calendrier ».

En très résumé, ils proposent d'adopter un texte législatif en 2022 ou 2023 au plus tard, de « gérer » la période intermédiaire 2023-2026 et de mettre en œuvre le nouveau modèle de gouvernance en 2026 (élections municipales) ou en 2027 (départementales et régionales) « en fonction de la solution retenue ».

Les maires et les parlementaires sont au moins d'accord là-dessus. Quelle que soit la nature de la réforme du Grand Paris, annoncée par le candidat, puis promise par le président Macron avant d'être sans cesse différée, elle devra être tranchée dès le début du prochain quinquennat.

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Commentaires
a écrit le 10/04/2021 à 6:29 :
Savez-vous, braves gens lecteurs assidus de la Tribune, que votre presidium supreme a fait expedier sur les adresses @mail des expatries et autre emigres ce, dans tous les azimuts.
Il y decrit des banalites qu'un enfant de sixieme serait en mesure de rediger.
Bon, c'est pas grave, ce type est carbonise. En attendant il brosse dans le sens du poil, esperant a n'en point douter
un assentiment de cette population
lors du vote en 22.
Le quai, ne l'a t-il pas eclaire ? Cette marge de gens a quitte la France, parce qu'y entreprendre et vivre de ses efforts est devenu impossible.
Deja bismuth avait change les regles, le mou socialo idem pour finir ce sous produit du capital.
Jamais, il n'aura mon suffrage.
a écrit le 01/04/2021 à 9:49 :
Heu les gars je sais pas si vous voyez les informations actuelles depuis plus d'un an maintenant mais la décentralisation a reculé de plusieurs pas maintenant, tout vient du pouvoir central.

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