"Le département veille à la solidarité territoriale" (Georges Méric)

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Le président du Conseil départemental de la Haute-Garonne Georges Méric.
Le président du Conseil départemental de la Haute-Garonne Georges Méric. (Crédits : Rémi Benoit)
[The Village] L'élu socialiste estime que le département a un rôle central à jouer pour favoriser l'activité et réduire les inégalités comme les déséquilibres territoriaux.

LA TRIBUNE - À l'heure où les métropoles sont en plein essor, en quoi le département reste utile pour lutter contre les fractures territoriales ?

GEORGES MÉRIC - Il y a un choix de société à faire : soit on décide de tout centrer sur douze métropoles en France, avec un désert tout autour, soit on recherche un équilibre territorial. La Haute-Garonne illustre parfaitement cet enjeu. Le département compte aujourd'hui 1,350 million d'habitants avec des bassins de vie très divers comprenant une métropole, des territoires périurbains, ruraux et montagneux.

Y cohabitent les gagnants et les perdants de la mondialisation avec des populations pauvres y compris au sein de Toulouse. Le rôle du département est de faire le trait d'union entre ces différents bassins de vie en veillant à la solidarité territoriale. La métropole est une chance, à condition qu'elle partage.

Comment se traduit concrètement cette solidarité territoriale ?

Toutes les communes, les communautés de communes et d'agglomération ainsi que la métropole ont signé un contrat de territoire avec le département de Haute-Garonne afin de chercher des solutions pour améliorer les ressources en eau ou sur les questions de mobilité.

Dans le cadre du Plan France Très haut débit, le département va accorder des subventions pour que tous les habitants puissent bénéficier de la fibre optique à 100 Mbits d'ici quatre ans.

La Haute-Garonne va également reprendre le contrôle de quatre stations de ski, en difficulté financière et confrontées à un enneigement en dents de scie...

Nous avons lancé un syndicat mixte dans l'optique de mettre en place une direction unique, de mutualiser les moyens entre les stations pour les activités d'entretien, de réparation. Nous allons pouvoir aussi réaliser des campagnes de publicité communes en mettant en avant les spécificités de chaque station : la polyvalence et le thermalisme à Luchon, le sport à Peyragudes, l'ambiance familiale au Mourtis et la découverte de la nature à Bourg-d'Oueil. L'objectif est aussi d'en faire des stations quatre saisons [en développant les activités estivales notamment, ndlr].

Comment créer de l'emploi en dehors de la métropole ?

Nous avons lancé la société publique locale Haute-Garonne développement, pour étudier sur le territoire les lieux où l'on pourrait réaliser de véritables zones d'activités disposant, non seulement de nouvelles routes et de surfaces à vendre, mais aussi d'une réelle animation afin de faire venir les sociétés.

Si on explique à un chef d'entreprise qu'il peut s'installer dans une vraie zone d'activités comme dans la commune de Carbonne, située à 20 minutes de Toulouse, cela peut être attractif. Aujourd'hui, il n'y a aucune raison que la sous-traitance aéronautique reste concentrée dans l'agglomération toulousaine. Le constat est le même pour les entreprises à la recherche de très grandes surfaces.

Le télétravail peut-il être une solution ?

Si seulement 15 à 20 % des salariés travaillaient deux jours par semaine en télétravail, le problème actuel de la congestion urbaine de Toulouse serait réglé. Nous sommes en train de recenser, d'ici le mois de novembre, les endroits où il serait judicieux sur le département de favoriser la création de tiers-lieux.

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a écrit le 14/09/2018 à 17:27 :
D’après le dogme de Bruxelles toute les petites unités, tel les départements et communes sont portés a disparaître pour permettre une gestion complexe de chose simple! L'inverse du monde présent et décentralisé qui existe depuis la Révolution! Tout ça pour permettre la disparition des États! au profits des régions!
a écrit le 14/09/2018 à 11:58 :
Question de logique ou d’administration ?
Le sujet est intéressant car représentatif des bouleversements en cours et des problèmes à résoudre. Aussi de la relation métropole-campagne.

A ma connaissance, les entreprises ne regardent pas les divers échelons de décisions administratives. Elles en constatent les résultats concrets. Elles s’intéressent au prix du m2, à la compétence du personnel ou des technopoles, au montant des taxes et à la logistique. On peut éventuellement constater quelques cas de « territorialisme économique », mais mieux vaut miser sur les compétences et les performances. économiquement parlant, les indicateurs en sont beaucoup plus fiables et maitrisables. Ce sont les seuls, avec l’esprit d’innovation, qui est une sorte « de climat » difficile à définir et à générer. Quand à l’administrer…c’est quasi antinomique.
Et encore, tout cela est remis en question par les phénomènes disruptifs et à en croire le sujet dans la Tribune sur le livre de Thomas Houy, avec sa théorie de la « logique effectuale » qui parait intéressante. (https://objectifaquitaine.latribune.fr/innovation/2018-09-13/innover-a-l-envers-une-obligation-dans-un-monde-numerique-790276.html
On sait qu'Amazone avait cherche pendant des années son modèle économique et sa rentabilité, alors que maintenait cela parait d’une telle évidence… Certains modèles en viennent parfois à la contradiction la plus complète, pas grave s’ils en ont conscience.

On ne peut bien sûr tout modéliser et organiser de la sorte. L’industrie nécessitant un travail sur le long terme, mais l’esprit adaptatif est devenu primordial dans beaucoup de domaines. Y compris justement les stations de snow, dans les Pyrénées et dans les Alpes, regroupées ou pas, elles ne survivront pas au réchauffement si elles ne proposent pas des activités de substitution. Ce dans toutes les stations, car on peut présumer que si l’une a un enneigement déficient c’est pareil pour les voisines. Heureusement les activités complémentaires ne manquent pas en montagne. Dans ce cas, on peut également présumer qu’il faut non seulement adapter l’offre aux conditions, mais le faire de manière extrêmement rapide et préventive, pour ne pas que les clients "hebdomadaires" se sentent lésés.

Là comme ailleurs, la satisfaction du client est certainement une des clefs du succès, Ce devrait être la priorité que de vouloir répondre à leurs besoins, le préalable à la réussite. En comparant de manière caricaturale, les USA et l’Allemagne l'ont mis en œuvre depuis longtemps, plus qu’en France. Il sera d’ailleurs intéressant d’observer quel seront les effets de l’unilatéralisme actuel aux USA. Cette forme de vision administrée et unilatérale de l’économie et de l’industrie sera telle performante à terme ou mènera t’elle au désastre ?
Difficile dosage entre ouverture au marché, régulation, performance (bravo Airbus) et gestion des fractures économiques territoriales. Mais ce n’est pas nouveau et le secteur rural a déjà du s’adapter à l’inéluctable mécanisation, alors dans ce cas c’est de la simple évolution. De là à essayer d’en faire des pôles technologiques, ne rêvons pas.
a écrit le 14/09/2018 à 11:00 :
Oui bien sur en embauchant les copains, en accordant aux élus PS les logements sociaux et en confiant les travaux aux entreprises bienveillantes!! Charité bien ordonnée commence toujours par soit-même....et les siens!!!
a écrit le 14/09/2018 à 8:55 :
bref, il veut developper le politburo
a mon avis il a des copains a recasser dans le cadre de grands projets
a écrit le 14/09/2018 à 8:39 :
Encore un apparatchik accroché à son siège ! En quoi la Région ne serait-elle pas aussi (voire mieux) placée pour veiller aux solidarités entre territoire ?

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