Les Hauts-de-France ou "Hub-de-France"

Gaëtane Deljurie

Pôle Euratechnologies, Lille, startups
DR

Gaëtane Deljurie

Pôle Euratechnologies, Lille, startups
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En 2018, le baromètre EY plaçait Lille en sixième position des métropoles françaises les plus attractives pour les investisseurs étrangers, loin derrière Lyon, Bordeaux, Marseille ou Toulouse. Pas assez satisfaisant pour Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France, qui compte lancer une grande opération Hauts-de-France 2020-2040, centrée sur des questions d'attractivité. « Certains signes sont encourageants, comme l'étude annuelle d'IBM Global Business Services, qui classe les Hauts-de-France première région d'accueil d'investissements étrangers au niveau national », rappelle Xavier Bertrand.
Le développement économique met le paquet sur la rénovation de l'outil industriel, notamment dans le secteur de l'automobile et de l'agroalimentaire. Tout en créant des alliances : début septembre, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Jean Rottner, respectivement présidents des Régions Hauts-de-France, Île-de-France et Grand Est, ont affiché leur volonté de travailler ensemble et de trouver des synergies, avec pour objectif de peser de tout leur poids sur les décisions nationales.
En 2030, la région rêve de devenir un hub logistique de premier plan, « car nous aurons réussi à bâtir le canal Seine-Nord et le barreau ferroviaire Creil-Roissy afin que la région fasse de sa position de carrefour européen une opportunité », rappelle Xavier Bertrand, qui s'appuie sur des études prévoyant quelques dizaines de milliers d'emplois. Depuis son élection, la « région au travail » est son cheval de bataille.
Terre d'accueil historique de leaders de la distribution, la région mise aussi sur la mobilité intelligente, l'internet des objets, les nouvelles formes de commerce, avec son pôle des industries du commerce (Picom). Xavier Bertrand compte travailler la question de la mobilité des habitants (la convention TER doit être rediscutée à la fin de l'année), en rouvrant des liaisons ferroviaires avec la Belgique.
Le conseil régional a également décidé de soutenir la filière de la silver économie : en 2050, la région comptera plus de 1 million de personnes de plus de 65 ans, soit un habitant sur quatre. Du côté des industries créatives, les Hauts-de-France sont devenus un haut lieu de tournage pour le cinéma et les séries : le dernier Festival Séries Mania ayant été délocalisé à Lille afin de focaliser la filière dans la région.
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Le président de région estime qu'en 2030, les Hauts-de-France seront experts en matière d'économie circulaire. « La troisième révolution industrielle, qui faisait sourire certains à son lancement, est aujourd'hui devenue une évidence, avec la généralisation de ses principes dans toutes les strates de l'entreprise, de l'artisan jusqu'à la startup. » Derrière la démarche Rev3, de nombreux pôles de compétitivité se mobilisent : MatikemUptex-TEAM2 (autour des matériaux, textiles, recyclage), Aquimer-IAR (produits aquatiques et agroressources), I-Trans (transports, notamment ferroviaires).
L'objectif est que les Hauts-de-France confortent leur première place nationale dans l'agroalimentaire et le ferroviaire et leur seconde place dans le secteur automobile, tout en préparant la relève autour de l'industrie 4.0, l'efficacité énergétique ou l'économie de la fonctionnalité.
Autre fer de lance dont la région peut être particulièrement fière, c'est Euratechnologies (170 entreprises, 3.800 salariés et des centaines de projets incubés) qui va essaimer dans toute la région : bientôt à Saint-Quentin autour de la robotique, à Calais autour des technologies de la mer et même autour de la numérisation des œuvres à Lens (où se situe une antenne du Louvre).
On sent que la région des Hauts-de-France veut chouchouter son secteur tertiaire, et notamment les fintechs, avec un secteur bancaire et financier particulièrement présent, les entreprises d'hébergement internet, comme OVH, et les nouvelles filières de l'intelligence artificielle ou de la cybersécurité. L'arrivée à Paris du futur siège de l'autorité bancaire européenne, contrainte de quitter Londres à cause du Brexit, devrait avoir des retombées sur la métropole, même si Lille a du mal à avaler le terrible camouflet de sa candidature pour l'Agence européenne des médicaments (avec une seule voix pour, émanant de la France). « En 2030, Eurasanté sera devenu l'un des principaux pôles européens », prévoit Xavier Bertrand.
Santé, logistique, industrie, économie verte, nouvelles technologies : avec tous ses atouts, les Hauts-de-France devraient être prêts en 2030 à séduire les investisseurs étrangers.
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Par Gaëtane Deljurie,
correspondante pour La Tribune dans les Hauts-de-France
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