Mouvaux rénove une cité jardin en quartier à énergie positive

Geneviève Hermann, à Lille

Geneviève Hermann, à Lille
Symbole de la deuxième révolution industrielle au début des années 1950, la cité jardin de l'Escalette à Mouvaux va bientôt devenir celui de la troisième révolution industrielle (TRI). Ce quartier de 11 hectares dans la banlieue lilloise où vit un millier d'habitants va expérimenter les nouvelles approches prônées par Jeremy Rifkin. Le bailleur Vilogia y lance sa méthode HEP (Habita(n)ts à Energies Positives) et vient d'en confier la maitrise d'œuvre à l'agence Engasser & associés. La transformation de l'Escalette en quartier à énergie positive démarre. Les maisons seront réhabilitées et des logements neufs seront construits. Ensemble, ils produiront à terme plus d'énergie qu'ils n'en consommeront. De nouveaux services, commerces et équipements y seront construits. Priorité sera donnée aux projets engagés dans l'économie circulaire et l'économie de la fonctionnalité. Ils seront décidés en concertation avec les locataires et les propriétaires actuels sachant que sur les 300 maisons que compte la cité jardin, 200 appartiennent à Vilogia et 100 font partie du secteur privé, le bailleur ayant vendu une partie de son patrimoine.
Car Philippe Rémignon, directeur général de Vilogia en est convaincu :
La population a été appelée à rencontrer les quatre groupements de maîtrise d'œuvre en lice dès la phase de diagnostic. Elle a participé à plusieurs rencontres organisées pour alimenter le cahier des charges. La concertation se fait rarement à un tel niveau.
Aux dires d'Aurelie Top, architecte médiatrice chez Archiae à qui Vilogia a fait appel pour piloter la concertation :
Et de rappeler que la dépense énergétique varie de 1 à 4 dans un logement classique selon les bonnes ou mauvaises habitudes prises par les occupants. L'écart monte de 1 à 40 dans les habitations BBC. Il suffit de planter des clous dans les murs et d'ouvrir les fenêtres de manière intempestive pour faire monter la facture. Le différentiel est encore plus grand en cas de maison passive et de bâtiment à énergie positive. Or c'est bien ce type de logement que Vilogia envisage de construire.
D'où l'importance de sensibiliser et de former la population pour qu'elle change ses habitudes. Mais encore faut-il prendre en compte ses attentes. Ce qui a été fait à l'Escalette. Habitués à avoir une certaine intimité du fait de l'espacement de leur maison, les habitants ne voulaient pas d'une densification qui défigure leur cadre de vie. En réponse à leur demande, il a été décidé de diviser par deux certaines maisons et d'y construire des extensions horizontales sur le jardin ou vertical sur le toit. De 300 le nombre de logements peut ainsi passer à 500 sans avoir à modifier complètement le paysage actuel.
Les logements neufs seront construits à l'endroit où existent aujourd'hui des garages plus ou moins abandonnés. Ceci également à la demande des habitants.
De son côté, Eric Durand, le maire de Mouvaux, a décidé de réaménager dès à présent la rue de l'Escalette. Celle qui traverse le quartier. Les travaux ont démarré et devrait prendre fin en septembre prochain. Avec son éclairage par des LED à économie d'énergie reliés à des temporisateurs de présence, la « nouvelle » rue préfigure le futur visage du quartier.
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Le maire de Mouvaux est très impliqué dans ce projet contrairement aux équipes de la MEL (Métropole Européenne de Lille) très rarement présentes aux réunions de concertation et même à celles du jury en charge de choisir le maitre d'œuvre.
« Dommage pour une fois qu'ils pouvaient être en contact avec le terrain », a déploré un des protagonistes dont on taira le nom.
Geneviève Hermann, à Lille