A Loos-en-Gohelle, des maisons minières réhabilitées basse consommation

Geneviève Hermann, à Lille

Geneviève Hermann, à Lille
Refaite à neuf, la maison bourgeoise aux briques rouges a gardé le cachet des anciennes demeures attribuées aux ingénieurs des cités minières du nord de la France. Rien n'a changé de l'extérieur. Pourtant, elle consomme à peine 30 kWh par m2 et par an, soit dix fois moins qu'avant les travaux. Située à Loos-en-Gohelle, à deux pas de la base 11/19 connue à l'international comme pôle de référence du développement durable, cette maison est un démonstrateur qui sert à expérimenter la réhabilitation d'habitats anciens et l'utilisation d'éco-matériaux pour les isoler par l'intérieur. Elle s'inscrit dans le cadre du projet Réhafutur mené par le cluster régional pour la performance environnementale et économique du bâtiment Ekwation, la Fédération Française du Bâtiment et le bailleur social Maisons&Cités Soginorpa avec le soutien financier de l'Europe, l'Etat, l'Ademe et la Région Nord - Pas-de-Calais.
Le lundi 15 juin, lors de l'inauguration de ce démonstrateur, Jean-François Caron, maire de Loos-en-Gohelle et président du Cd2e (Centre de développement des éco-entreprises du Nord - Pas-de-Calais), a annoncé qu'il faudrait dorénavant compter avec un « Eurahabiter ».
Vaste ambition que le maire de Loos-en-Gohelle veut porter. Ce n'est pas la première. Sa ville est déjà connue pour avoir su mettre en œuvre un nouveau modèle de développement durable à laquelle adhèrent ses habitants. Jean-François Caron aurait déjà convaincu le président François Hollande de faire venir sur son territoire un TGV de la Troisième Révolution Industrielle - un TRI GV - du Bourget à Lens en décembre prochain à l'occasion de la Conférence Paris Climat 2015 (COP 21). Un train serait affrété spécialement pour transporter les participants à cette conférence voulant prendre connaissance des solutions apportées sur ses terres en réponse aux défis climatiques de demain.
Dans la maison démonstrateur, ont été mises en œuvre plusieurs solutions d'isolation à partir de matériaux bio-sources (laine de lin, laine de mouton, bloc de chanvre, ouate de cellulose, fibres de bois) et d'autres issus du recyclage comme le Métisse du Relais. Des capteurs vont mesurer l'évolution dans le temps des performances thermiques de ces isolants.
Les partenaires du projet ont travaillé dès le départ en étroite collaboration. Organisés en groupement, l'architecte, le bureau d'étude, le maçon, l'électricien et tout les autres corps de métier avaient comme impératif contractuel d'avancer ensemble en faisant preuve d'innovations.
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Pour Dominique Soyer, directeur général du bailleur social Maisons&Cités Soginorpa, il s'agit maintenant de passer à la phase 2 du projet Réhafutur qui va consister en la réhabilitation de 6 maisons minières proches de la base 11/19. Mais pas question de faire du « luxe » comme avec la maison de l'ingénieur. En revanche, le groupement d'entreprises mis en place pour impliquer tous les acteurs dès la contractualisation sera dupliqué.
« Nous pourrons ainsi mieux maitriser le budget. Notre objectif est de trouver des solutions reproductibles techniquement et financièrement pour ensuite les appliquer à la réhabilitation de 20 000 maisons minières. Nous ne pourrons pas dépasser 50 000 euros par habitation », indique Dominique Soyer.
Soit une dépense d'un milliard d'euros au total. C'est le prix à payer si le bailleur veut maintenir son patrimoine attractif et ne se retrouve pas avec trop de logements vacants. Le challenge à tenir est d'autant plus difficile qu'un tiers de ces maisons de mineurs est aujourd'hui classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Tout comme avec la maison de l'ingénieur, il n'est pas question de les isoler par l'extérieur.
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