A Rouen, Sharelock cadenasse les vélos sur les potelets

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Pendant deux mois, trente volontaires vont tester quotidiennement la solution. Objectifs : évaluer la facilité d'usage, repérer d'éventuels défauts, dimensionner les besoins en SAV mais aussi recueillir des données sur les habitudes de déplacements des cyclistes : des informations très difficilement accessibles aujourd'hui.
Pendant deux mois, trente volontaires vont tester quotidiennement la solution. Objectifs : évaluer la facilité d'usage, repérer d'éventuels défauts, dimensionner les besoins en SAV mais aussi recueillir des données sur les habitudes de déplacements des cyclistes : des informations très difficilement accessibles aujourd'hui. (Crédits : Sharelock)
L’absence de stationnement sécurisé reste l’un des principaux freins au développement massif du vélo en ville. En réponse, la startup Sharelock teste dans la métropole rouennaise un système de cadenas connecté. Il se greffe simplement sur les potelets métalliques qui fleurissent sur nos trottoirs.

Tous les cyclistes en ont fait l'expérience. Sauf à fixer son antivol sur l'arceau d'une poubelle ou un poteau de signalisation, garer son deux-roues en ville dans de bonnes conditions relève du casse tête sans compter les risques de vol. Créée en mai dernier par un ancien d'Uber et un spécialiste des mobilités douces, la startup Sharelock se flatte d'apporter une réponse à cette question qui s'invite d'autant plus souvent à la table des conseils municipaux que la pandémie a dopé l'usage du vélo.

L'entreprise a mis au point un cadenas mutualisé, renfermant un U, qui s'adapte par simple serrage sur les potelets dont la seule fonction est " d'empêcher les voitures de se garer ", comme se plait à le souligner le co-fondateur de la jeune pousse, Nicolas Louvet. " En fait, nous transformons ces actifs dormants en actifs utiles à la transition dans la mesure où un vélo reste immobilisé 98 % du temps ".

Comment ça marche ? Piloté depuis une application qui localise les places libres et le déverrouille, le cadenas est accessible sur abonnement à raison de dix euros par mois. Sécurisé, il alerte l'usager à la moindre tentative d'effraction. En cas de vol avéré, Sharelock s'engage en outre à rembourser 200 euros en 48 heures au terme d'un accord avec la compagnie d'assurance La Parisienne.

Le stationnement, un déterminant

Une première expérimentation, en vraie grandeur, a été lancée cette semaine à Rouen : "une ville innovante et de bonne taille", salue l'entreprise. Une petite centaine de potelets (sur plusieurs milliers dans l'espace public) ont été équipés du système, avec la bénédiction du président de la Métropole. "Pour espérer développer l'usage du deux roues, il ne faut négliger aucun aspect, rappelle Nicolas Mayer Rossignol. Gérer et sécuriser le stationnement est aussi déterminant que l'aménagement de pistes cyclables ou le fait de donner accès à une flotte de vélos électriques en leasing comme nous l'envisageons."

Pendant deux mois, trente volontaires vont donc tester quotidiennement la solution. Objectifs : évaluer la facilité d'usage, repérer d'éventuels défauts, dimensionner les besoins en SAV mais aussi recueillir des données sur les habitudes de déplacements des cyclistes : des informations très difficilement accessibles aujourd'hui.

Le modèle économique BtoC, tel qu'il est testé à Rouen, n'est pas le seul envisagé par la startup. Sharelock compte sur la loi LOM pour stimuler sa croissance, cette fois en BtoB. Le texte oblige, en effet, les opérateurs de transports publics à multiplier des places de stationnement vélo aux abords des gares ou des pôles d'échanges dans l'objectif de multiplier par trois le nombre de cyclistes en ville à horizon 2024. A la clef, des perspectives engageantes pour Nicolas Louvet : « On peut très bien imaginer coupler l'accès à notre service avec celui d'un abonnement transport auquel cas le financement serait assumé par l'opérateur ». Plusieurs villes auraient déjà manifesté leur intérêt.

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Commentaires
a écrit le 07/01/2021 à 12:08 :
La sécurité passive ne fonctionne pas, en ce qui concerne les vols de vélo. Seulement une sécurité active serait efficace : Surveillance à l'aide de caméras, et brigades de surveillances, associées à une justice qui frappe les délinquants au portefeuille : Suppression des minimas sociaux pour les auteurs de dégradation des vélos, et leur famille. Quand on veut, on peut.

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