Avis de gros temps au-dessus des ports de la Seine
Nathalie Jourdan
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Valérie Pecresse et Hervé Morin, vendredi dans l'hémicycle de l'hôtel de Région à Rouen.
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Valérie Pecresse et Hervé Morin, vendredi dans l'hémicycle de l'hôtel de Région à Rouen.
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La composition du conseil de surveillance d'Haropa, telle qu'arrêtée par le gouvernement, fait des vagues. Non contents d'avoir écrit il y a quelques jours au Conseil d'Etat pour l'alerter « sur les problèmes majeurs que pose la gouvernance», Valérie Pécresse et Hervé Morin ont sorti la grosse artillerie vendredi à Rouen. Ils ont rassemblé dans l'hémicycle de l'hôtel de Région un parterre nourri d'industriels et d'acteurs portuaires, tous d'accord pour dénoncer l'approche jacobine de l'administration centrale, accusée par Hervé Morin d'avoir « procédé à sa petite cuisine à l'issue d'un simulacre de concertation ».
A l'origine de la fronde, la ventilation des sièges au sein de l'instance de pilotage du futur établissement public des grands ports de la Seine. Les Régions, qui se voient allouer un siège chacune contre trois pour les agglomérations et neuf pour l'Etat, s'estiment lésées dans le schéma prévu par Matignon.
A l'appui de cette demande, l'intéressé rappelle que les collectivités normande et francilienne ont injecté près de 200 millions dans les ports ces dernières années et qu'elles sont sollicitées pour au moins 120 autres millions au titre des prochains contrats de plan. Un détail que Jean Castex n'avait d'ailleurs pas omis lorsqu'il a promis, lors d'un déplacement au Havre, un « grand plan d'investissement » au bénéfice d'Haropa. « Le premier ministre a confondu allègrement l'argent de l'Etat et le nôtre » ironise Hervé Morin.
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Même tonalité du côté de la région capitale. Le gouvernement cantonne les Régions dans le rôle de « tiroir caisse », s'insurge Valérie Pécresse. « On nous octroie des strapontins mais quand il faut construire une écluse à Méricourt, qui vient-on chercher ? Nous » tance t-elle. Pour la patronne de l'Île-de-France, les ambitions des deux Régions autour du développement économique de l'axe Seine justifient qu'elles occupent une place centrale dans la définition de la stratégie d'Haropa. « Qui mieux que nous peut coordonner les initiatives autour d'un futur corridor hydrogène ? » interroge t-elle tout haut.
Nathalie Jourdan