Dans la guerre des bornes, SGA Mobility fait de la résistance
Nathalie Jourdan
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L'heureux possesseur d'un véhicule électrique ne le sait que trop bien. Pour espérer traverser la France - à plus forte raison l'Europe - sans risquer la panne, il devra lester son portefeuille d'au moins une dizaine de cartes d'abonnement. Et encore pourraient-elles ne pas suffire. En cause, la prolifération des technologies et des systèmes de facturation attachés aux réseaux de bornes de recharge.
Pour imposer leur standard, les opérateurs se marquent à la culotte. Si quelques uns proposent des badges multi-réseaux moyennant le prélèvement d'une commission supplémentaire, aucune solution de paiement universelle, sans intermédiaire, n'est parvenue à s'imposer. Remplir le réservoir de son vieux diesel reste plus aisé que de recharger sa voiture à brancher.
« Ils veulent tous devenir leader. Pour l'usager, c'est la cacophonie » déplore Christophe Gaillard, fondateur et dirigeant de SGA Mobility. Lui se flatte de proposer une alternative. Exploitante d'un parc d'environ 500 machines, son entreprise, installée à Rouen, est l'une des rares à fabriquer (en France) des bornes nanties d'un terminal de paiement bancaire sur le format éprouvé des pompes à essence.
Bien qu'il ait développé des fonctionnalités innovantes comme le repérage des voitures "ventouses", son patron peine à faire valoir ses arguments sur le marché, très disputé, des réseaux publics sur lequel il s'est lancé, dès 2015, à la faveur des appels d'offres lancés dans le cadre du PIA. « Comme la plupart des collectivités choisissent le modèle de la rente, l'accès au marché est difficile ».
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Certaines, pourtant, se laissent convaincre. C'est le cas, en Normandie, du Syndicat intercommunal d'Electricité de l'Eure (SIEGE). Au terme d'un appel d'offres européen portant sur l'installation de 130 bornes, il a été parmi les premiers à retenir la solution de SGA Mobility. « Au nom du service public », explique son directeur, Aimery de Vandière. « Le cahier des charges exigeait un paiement direct sans abonnement afin que le système soit accessible aux habitants de l'Eure comme aux itinérants ».
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