ITER : GDF SUEZ remporte un contrat de 530 millions d'euros

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Le chantier du réacteur thermonucléaire expérimental international ITER devrait reçevoir la visite du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. | Reuters
Le chantier du réacteur thermonucléaire expérimental international ITER devrait reçevoir la visite du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. | Reuters (Crédits : Décideurs en région)
C’est le plus gros marché signé depuis le début du projet de recherche pour le réacteur thermonucléaire expérimental international ITER, à Saint-Paul-lez-Durance (Bouches-du-Rhône). Un contrat de 530 millions d'euros emporté par Le consortium franco-allemand Axima, composé des trois filiales de GDF SUEZ et de l’Allemand M+W.

GDF SUEZ a annoncé ce mardi avoir remporté un contrat de 530 M€ et d'une durée de 6 ans dans le cadre du programme de recherche ITER, en cours de construction à Cadarache sur la commune de Saint-Paul-lez-Durance (Bouches-du-Rhône). L'enjeu de ce projet est de tester à horizon 2050 la faisabilité scientifique et technique de la fusion nucléaire comme nouvelle source d'énergie.

L'accord, signé avec l'agence domestique européenne Fusion For Energy, porte sur les installations climatiques, électriques et mécaniques de 13 bâtiments du site de recherche (qui en comptera 39 au total) : de la conception à la maintenance en passant par les études et la réalisation. Dans le détail, il s'agit des installations de chauffage, ventilation et climatisation; des installations électriques et mécaniques. Les systèmes d'instrumentation et de contrôle, les réseaux des fluides, la détection et la protection contre les incendies et le contrôle-commande sont également inclus.

 

5 ans de travaux

Le contrat a été remporté par le consortium franco-allemand Axima, composé des trois filiales de GDF SUEZ spécialisées dans les services énergétiques (Cofely Ineo, Cofely Axima et Cofely Endel) et de l'Allemand M+W. C'est le plus gros accord jamais signé par l'agence domestique européenne Fusion For Energy depuis le début du projet de recherche. Les entités Cofely réaliseront plus spécifiquement la partie nucléaire du contrat, c'est-à-dire le tokamak, composé de trois bâtiments classés Installation Nucléaire de Base. Un domaine dans lequel elles comptent déjà des références, notamment avec l'Andra, Areva, EDF et le CEA (notamment à Cadarache).

Dans le cadre du projet ITER, Cofely avait d'ailleurs déjà remporté le contrat du bâtiment des bobines poloïdales. GDF SUEZ précise qu'après une phase d'études d'un an, le démarrage des travaux est prévu pour septembre 2014. Ils dureront 5 ans et mobiliseront, au plus fort de l'activité, en 2016, jusqu'à 450 personnes. "Si le recours aux salariés des quatre entreprises du consortium franco-allemand sera privilégié, il ne suffira pas à répondre aux besoins et des recrutements, sans doute une centaine de personnes, sont donc prévus pour la réalisation de ce contrat", annonce l'énergéticien français.

En attendant la visite de Jean-Marc Ayrault

Sur un plan plus politique, la grande question demeure : Jean-Marc Ayrault, dont la venue est annoncée à Marseille en novembre, poussera-t-il son chemin jusqu'aux frontières du département des Bouches du Rhône et des Alpes-de-Haute-Provence pour aller visiter le chantier.

Lors de la réunion interministérielle entre les membres partenaires (Chine, Europe, États-Unis, Inde, Japon, Corée du Sud et la Russie) début septembre sur le site à Saint-Paul-lez-Durance, Geneviève Fioraso, ministre de la recherche et de l'enseignement supérieur, qui y effectuait sa deuxième visite du chantier en quelques mois, l'avait laissé entendre.

Ce déplacement serait en effet symbolique pour un gouvernement qui se doit de tenir les engagements de François Hollande en matière de réduction du nucléaire mais qui au regard de l'implication financière de la France (plus d'un milliard d'euros) dans le programme paraîtrait presque banal.

 

Un programme aujourd'hui estimé à 14,6 milliards d'euros

Pour rappel, le coût total du programme de construction d'ITER, réparti entre les sept partenaires (Europe, États-Unis, Russie, Inde, Chine, Corée du Sud et Japon, ndlr), était initialement estimé à 12,8  milliards d'euros pour les 10 années de la phase de construction de la machine et à 5,3 milliards pour l'exploitation sur 20 ans. Il atteint à ce jour 14,6 milliards d'euros. La facture pour l'Europe, la seule à participer aujourd'hui directement au financement et à hauteur de son engagement initial de 45 %, est passée de 2,7 à 6,6 milliards d'euros. Un budget destiné à la construction d'une grande partie des installations du site, à commencer par les 39 bâtiments techniques.

Les autres membres contribuent à hauteur de 9 %, mais en fournissant des prestations en nature. La France occupe toutefois une place particulière avec son implication à hauteur de 1,168 milliards d'euros, dont 467 millions assurés par huit collectivités territoriales de la région PACA, notamment pour les aménagements routiers (118 millions d'euros) et les équipements urbains.

 

 

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