La Loire-Atlantique lance un cadastre solaire pour accélérer l'installation de centrales photovoltaïques

Après deux ans d’expérimentation, le syndicat de l’énergie de Loire-Atlantique Sydela lance le premier cadastre solaire du bassin de la Loire. Objectif : accompagner et accélérer la transition écologique et favoriser l’émergence de projets publics et privés sur un territoire où 41% de la massification des énergies renouvelables (EnR) peut venir du solaire photovoltaïque ou thermique.

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A travers le projet Bélénos, créé pour sortir de la domination chinoise, les entreprises Systovi (groupe CETIH, Pays de la Loire) et Voltec Solar (groupe STRUB, Grand Est) ambitionnent de faire renaître la filière industrielle française du photovoltaïque. Ils envisagent une capacité de production d’électricité de 1GW par an.
A travers le projet Bélénos, créé pour sortir de la domination chinoise, les entreprises Systovi (groupe CETIH, Pays de la Loire) et Voltec Solar (groupe STRUB, Grand Est) ambitionnent de faire renaître la filière industrielle française du photovoltaïque. Ils envisagent une capacité de production d’électricité de 1GW par an. (Crédits : Sovec)

Les périodes de confinement n'auront pas été perdues pour tout le monde. L'association L.A Geodata a profité de ces périodes de « calme » pour mener une campagne photographique des rues et des toitures du département avec une précision de 5 centimètres.

« Une base indispensable d'une grande finesse qui nous a permis de créer le cadastre solaire de Loire-Atlantique pour accélérer la massification du photovoltaïque sur le territoire », explique Christelle Humski, directrice générale des services du syndicat départemental de l'énergie de Loire-Atlantique (Sydela). Le premier du genre en Pays de la Loire où selon la trajectoire fixée par le Schéma Régional d'Aménagement, de Développement Durable et d'Egalité des Territoires (Sraddet), ce mode de production doit doubler d'ici à 2030. Le solaire photovoltaïque devra atteindre 2.000 GWh contre 1.110 GWh aujourd'hui. Et 5.200 GWh en 2050 pour assurer 11,2% du mix énergétique ligérien (21,9% pour le biogaz, 25,3 % pour l'éolien marin, 15% pour le bois énergie, 12,9% pour l'éolien terrestre...).

Pour le seul département de Loire-Atlantique, le développement du solaire photovoltaïque et thermique (3%) représente 41% du potentiel des énergies renouvelables (EnR). « Pour cela, nous avions besoin d'identifier avec précision quels bâtiments sont susceptibles de pouvoir accueillir des panneaux photovoltaïques. De savoir quelle puissance est envisageable ? Pour quel investissement ? Avec quelles économies ?... De manière à inciter et accompagner les EPCI (Etablissement Public de Coopération Intercommunale) à passer à l'action », explique Emmanuel Bourien, chargé de projets Energies renouvelables et innovation.

Faire face à la rareté des terrains

Syndicat mixte réunissant cent-quatre-vingts communes et quatorze intercommunalités du département, le Sydela a, dès 2019, engagé une expérimentation avec la communauté d'agglomération de la région nazairienne (Carene), la communauté d'agglomération de la presqu'ile guérandaise Cap Atlantique et la communauté de Communes Erdre et Gèvres, au Nord-Est de Nantes pour calibrer l'outil afin d'identifier les choix politiques et techniques. De 4% en 2015, la part des énergies renouvelables devra atteindre 25% du mix énergétique en 2030 (200 MWh) sur le territoire de la Carene. A fin 2019, il recensait 780 installations, soit 8 MWh. Et devrait, selon les estimations, atteindre 34 MWh en 2022. Sur le territoire voisin de Cap Atlantique, très dépendant des énergies fossiles (44% de produits pétroliers et 17% de gaz naturel), le potentiel de production des EnR, estimé à 990.000 Mwh, permettrait de couvrir 61% de la consommation d'énergie du territoire, et 96% si l'on exclut le secteur des transports. Plus de 4 projets sur 10 (45%) pourraient bénéficier au solaire photovoltaïque (centrale au sol, ombrières de parking, toitures...) et 18% s'orienter vers le solaire thermique. Dans des zones où les terrains sont devenus rares, la problématique des surfaces exploitables devient donc cruciale. « Depuis la mise en œuvre des plan climat en 2012, la consommation a été divisée par quatre. Entre 2010 et 2050, la croissance des EnR devra atteindre +60%. Elle progresse aujourd'hui de +15% », constate Raymond Charbonnier, président du Sydela.

Visualiser et simuler

Ce cadastre solaire doit permettre à chaque habitant -même si l'outil n'est pas ouvert au grand public-, entreprise, agriculteur ou collectivité d'étudier l'opportunité d'installer une centrale solaire et de favoriser l'émergence de projets d'autoconsommation individuelle ou collective. Outre l'évaluation du gisement solaire (surface, orientation, exposition...) et la prospection de sites, cette plateforme web offrira la possibilité d'effectuer des simulations et produira des fiches techniques sur le potentiel d'un territoire. « Surtout, elle permet de visualiser l'ensemble des projets en cours et d'effectuer des balances à vingt-cinq ans pour mesurer la pertinence de l'autoconsommation et réinjecter des KWh sur le réseau », affirme Emmanuel Bourien. Reste aux EPCI à s'approprier l'outil, mis à disposition gratuitement. L'investissement de 150.000 euros a été financé à hauteur de 50% par le Conseil Départemental.

En contrepartie, les collectivités auront la charge de déployer et d'animer des opérations sur leur territoire dans le cadre de Plan Climat (PCAET) et d'élaborer leur stratégie de financement, avec l'appui de tiers animateurs, comme l'association ligérienne d'information et de sensibilisation à l'énergie et à l'environnement (Alisée) pour les particuliers et le réseau des professionnels de la filière solaire du Grand Ouest Atlansun pour les entreprises. « Nous intervenons très en amont pour faire émerger les projets auprès d'entreprises qui sont un peu perdues face aux problématiques techniques, réglementaires et financières. Pour massifier, il faut travailler sur toute la chaîne de valeur et le cadastre va permettre de donner une vision », indique Olivier Loizeau, président d'Atlansun.

Une centaine de projets potentiel à étudier sur l'agglomération nazairienne

L'équipement d'une toiture solaire de 15 m² permettrait de produire 3,3MWh/ an soit 70% de la consommation d'un foyer pour un investissement moyen de 8.000 euros. Sur un bâtiment tertiaire de 600m², la production atteindrait 110 MWh/an, soit la consommation de 100 habitants pour un investissement de 100.000 euros. Si l'installation sur un bâtiment s'avère parfois complexe, l'implantation d'une ombrière sur un parking de 40 places permet de produire 115 MWh. Selon les premières observations livrées par ce cadastre solaire, le territoire de l'agglomération nazairienne (Carene) laisse apparaître une centaine de surfaces (toitures et autres) de plus de 1.000 m² qui mériteraient d'être étudiées plus en profondeur. « Si l'on parvient à mobiliser les entreprises, 50% des objectifs seront réalisés », estime Claude Aufort, vice-président de la Carene.

A ce jour, les trois intercommunalités impliquées dans l'expérimentation du cadastre solaire viennent de signer une convention d'un an, renouvelable pendant six ans, pour accélérer leur plan solaire. Deux autres sont sur le point de le faire. Et le Pôle métropolitain Nantes Saint-Nazaire, qui chapeaute cinq EPCI (Nantes Métropole, Carene, CCEG, CC estuaire et Sillon, le pays de Blain) des dix-sept EPCI départementales et pilote le Schéma Cohérence Territoriale (Scot) s'intéresse de près à la démarche. Et pour cause, la fermeture programmée de la centrale thermique de Cordemais (44) impose de trouver des alternatives et de mettre en œuvre des plans d'actions.

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Commentaire 1
à écrit le 08/10/2021 à 23:24
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En faisant une recherche pour les panneaux solaires je suis tombé sur leur système de recherche et tès étonné, ça fonctionne bien

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