Les périodes de confinement n'auront pas été perdues pour tout le monde. L'association L.A Geodata a profité de ces périodes de « calme » pour mener une campagne photographique des rues et des toitures du département avec une précision de 5 centimètres.
« Une base indispensable d'une grande finesse qui nous a permis de créer le cadastre solaire de Loire-Atlantique pour accélérer la massification du photovoltaïque sur le territoire », explique Christelle Humski, directrice générale des services du syndicat départemental de l'énergie de Loire-Atlantique (Sydela). Le premier du genre en Pays de la Loire où selon la trajectoire fixée par le Schéma Régional d'Aménagement, de Développement Durable et d'Egalité des Territoires (Sraddet), ce mode de production doit doubler d'ici à 2030. Le solaire photovoltaïque devra atteindre 2.000 GWh contre 1.110 GWh aujourd'hui. Et 5.200 GWh en 2050 pour assurer 11,2% du mix énergétique ligérien (21,9% pour le biogaz, 25,3 % pour l'éolien marin, 15% pour le bois énergie, 12,9% pour l'éolien terrestre...).
Pour le seul département de Loire-Atlantique, le développement du solaire photovoltaïque et thermique (3%) représente 41% du potentiel des énergies renouvelables (EnR). « Pour cela, nous avions besoin d'identifier avec précision quels bâtiments sont susceptibles de pouvoir accueillir des panneaux photovoltaïques. De savoir quelle puissance est envisageable ? Pour quel investissement ? Avec quelles économies ?... De manière à inciter et accompagner les EPCI (Etablissement Public de Coopération Intercommunale) à passer à l'action », explique Emmanuel Bourien, chargé de projets Energies renouvelables et innovation.
Syndicat mixte réunissant cent-quatre-vingts communes et quatorze intercommunalités du département, le Sydela a, dès 2019, engagé une expérimentation avec la communauté d'agglomération de la région nazairienne (Carene), la communauté d'agglomération de la presqu'ile guérandaise Cap Atlantique et la communauté de Communes Erdre et Gèvres, au Nord-Est de Nantes pour calibrer l'outil afin d'identifier les choix politiques et techniques. De 4% en 2015, la part des énergies renouvelables devra atteindre 25% du mix énergétique en 2030 (200 MWh) sur le territoire de la Carene. A fin 2019, il recensait 780 installations, soit 8 MWh. Et devrait, selon les estimations, atteindre 34 MWh en 2022. Sur le territoire voisin de Cap Atlantique, très dépendant des énergies fossiles (44% de produits pétroliers et 17% de gaz naturel), le potentiel de production des EnR, estimé à 990.000 Mwh, permettrait de couvrir 61% de la consommation d'énergie du territoire, et 96% si l'on exclut le secteur des transports. Plus de 4 projets sur 10 (45%) pourraient bénéficier au solaire photovoltaïque (centrale au sol, ombrières de parking, toitures...) et 18% s'orienter vers le solaire thermique. Dans des zones où les terrains sont devenus rares, la problématique des surfaces exploitables devient donc cruciale. « Depuis la mise en œuvre des plan climat en 2012, la consommation a été divisée par quatre. Entre 2010 et 2050, la croissance des EnR devra atteindre +60%. Elle progresse aujourd'hui de +15% », constate Raymond Charbonnier, président du Sydela.