En Vendée, un investissement de sept millions pour cinquante projets de centrales photovoltaïques

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A Longèves, l'installation d'une puissance de 100 kWc et d’une surface de 500 m², composée de deux ombrières, permet de couvrir 36 places de parking
A Longèves, l'installation d'une puissance de 100 kWc et d’une surface de 500 m², composée de deux ombrières, permet de couvrir 36 places de parking (Crédits : Vendée Energie)
Plutôt que d’artificialiser de nouvelles terres agricoles, la Vendée fait le choix d’équiper les toits des parking et bâtiments communaux et intercommunaux existants pour accroitre son parc de panneaux photovoltaïques et élargir le spectre des énergies renouvelables.

Vendée Ombrières, fondée par la société mixte Vendée Energie, veut accélérer le développement du photovoltaïque dans la région. Créée avec le syndicat départemental d'énergie et d'équipement de la Vendée (SyDEV), l'entreprise va investir sept millions au cours des deux prochaines années pour déployer cinquante projets de centrales photovoltaïques sur les toits de parkings et bâtiments communaux et intercommunaux à travers le département. « L'éolien montre ses limites d'acceptabilité dans la population et le développement du photovoltaïque a du sens pour accroître la part des énergies renouvelables sur notre territoire », explique Alain Leboeuf, Président de Vendée Energie.

Grâce à sept parcs éoliens (55 éoliennes), soixante-cinq centrales solaires photovoltaïques dont soixante en toitures et cinq au sol, Vendée Energie produit déjà 15% (10% avec l'éolien et 5% avec le photovoltaïque) de l'énergie consommée dans le département. « En l'an 2000, nous étions 100% dépendant du réseau EDF. Or, ici, nous n'avons ni fleuve, ni montagne, ni centrale nucléaire... », rappelle Alain Leboeuf, alors que la loi sur la transition énergétique et la croissance verte fixe comme objectif national que les énergies renouvelables représentent 32% de la consommation d'énergie finale. « Nous avons déjà utilisé les surfaces disponibles de centres d'enfouissement techniques et de bâtiments, mais pour aller plus loin, il était hors de question d'empiéter sur les terres agricoles. Nous avons suffisamment de surfaces artificialisées dans le département et notamment les toits de parkings et de bâtiments communaux », estime-t-il. Des millions de m² disponibles ?

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« Penser photovoltaïque ! »

Le potentiel serait difficilement chiffrable en raison des contraintes d'orientation, de poids, de prise au vent, de sécurité et parfois du coût des équipements de raccordements au réseau qui anéantissent le modèle économique du projet. « C'est toujours un peu compliqué d'aller sur des bâtiments existants qui n'ont pas été conçus en ce sens, mais nous incitons les collectivités à y réfléchir dans leur nouveau projet et les maires à penser photovoltaïque ! Certains y voient, d'ailleurs, l'occasion de proposer des abris pour des véhicules ou la création de place de marché », indique Alain Leboeuf. L'opération serait « complètement blanche » pour les communes et intercommunalités, engagées par un bail de trente ans. Selon le lieu et le type d'installation, l'investissement s'élèverait autour de 135.000 euros pour 500 m². Une centrale de 100 KWc, comme celles de Longèves (85) produirait entre 100.000 et 120.000 KWh. Au tarif actuel, la revente d'électricité rapporterait de 10.000 à 12.000 euros de revenus par an.

« C'est nous qui investissons et qui revendons l'électricité », affirme le président de Vendée Energie qui, plutôt que de réinventer la poudre, a ouvert le capital à hauteur de 40% de Vendée Ombrières à la startup rennaise See You Sun, spécialisée, depuis trois ans, dans l'ingénierie et le développement d'ombrières.

« La solarisation de parkings est une activité qui manquait en France où de nombreuses terres sont déjà artificialisées. De plus, c'est une vraie source de services qui permet aux communes et intercommunalités de créer des bornes de recharges pour les utilisateurs de véhicules électriques. Et là, on répond aussi aux attentes de ce marché qui veut multiplier les points de charge », explique François Guérin, co-fondateur de See You Sun qui, sans commerciaux, mise sur des associations avec des maitres d'ouvrages pour se développer. « Nous sommes les seuls en France aujourd'hui à maitriser cette technologie », assure François Guérin, engagé dans une logique de massification d'ombrières sur les parkings. Pour Vendée Energie, cette association est un moyen de sécuriser les projets et de garantir leur rentabilité. Quitte à imposer à son nouvel associé d'avoir recours à une main d'œuvre locale et régionale ; à savoir Spie City Networks à Challans (85) pour les réseaux, ACSM aux herbiers (85) pour la fabrication de structures métalliques, Dome Solar à Rezé (44) pour le système d'intégration des Panneaux fournis par la nantaise KdiSolar. Si l'ambition répond à un objectif national l'aménagement doit d'abord profiter au local. « Ça c'est une particularité vendéenne !», observe François Guérin, qui vient de finaliser trois chantiers à Longèves et Saint-Aubin-des-ormeaux où trois parkings de salles polyvalentes et d'un complexe sportif ont été équipés. Ces installations, d'une puissance totale de 273 kWc, produiront annuellement 325 MWh, soit l'équivalent de la consommation électrique annuelle de 152 habitants. Vingt-trois autres sites sont d'ores et déjà programmés pour 2021.

vendée ombrières E-Neo

Les parkings publics, une vitrine pour inciter les privés

« La multiplication de ces équipements sur le territoire vont aussi donner envie aux privés de s'engager dans cette voie où l'investissement est moins important que sur un bâtiment classique», estime le dirigeant de See You Sun (15 personnes) dont le chiffre d'affaires passé de 0 à plus de 6 millions d'euros en trois ans devrait doubler en 2021. « Le marché de l'ombrière personne ne voulait y aller, c'était trop compliqué, trop lourd, plein de petits projets... Nous nous sommes organisés pour cela et aujourd'hui, les collectivités sont contentes de nous trouver avec une offre et un savoir-faire cohérents», constate François Guérin, qui associé à des Sem régionale (port, aéroport, lycée...), départementale, métropolitaine ou de Pays étend son savoir-faire en Bretagne, Pays de la Loire, Nouvelle Aquitaine, Occitanie, en région Centre... « Comme ici, en Vendée, il ne s'agit plus de se déployer parking par parking, mais de développer le concept à grande échelle.» Et de répondre aux ambitions de la France qui veut multiplier par quatre sa puissance installée.

En contact avec plusieurs grandes entreprises vendéennes, Alain Leboeuf serait sur le point de signer un projet avec l'une d'entre elles pour 15 millions d'euros. Déjà, une première ombrière « pilote » de 350 m² a été installée sur le parking de l'entreprise e-Neo, spécialisé dans le rétrofit. Le secteur privé est semble-t-il ferré. Et parallèlement, indique-t-il, nous développons un concept de société de projet, détenue par Vendée Energie et ouvert aux communautés de communes à hauteur de 49%. Celle-ci pourront alors bénéficier du savoir-faire de Vendée Energie pour des projets de développement de l'éolien, du photovoltaïque, hydrogène ou de la méthanisation, qui avec vingt sites de production en Vendée génère 10% du gaz consommé dans le département. « On produit désormais plus de biogaz que de besoin et, depuis le début de l'année, nous avons décidé de ne plus produire que du BioGNV. Pour montrer l'exemple », souligne Alain Leboeuf, par ailleurs, président des établissements publics locaux Sem Transition énergétique où il entend faire des émules.

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Commentaires
a écrit le 26/02/2021 à 4:13 :
Construire de la sorte , c'est s'exposer a de grandes avanies.
La Vendee et tout la cote atlantique est tres ventee. Les alertes ouragans de plus en plus frequentes. En cas de force 7/8, tout cela sera simplement sur orbite.
a écrit le 25/02/2021 à 13:30 :
J'ai l'impression que l'on découvre l'eau chaude !
a écrit le 25/02/2021 à 9:54 :
"fait le choix d’équiper les toits des parking" mais c'est bien sûr aurait dit l'inspecteur Bourrel (Les cinq dernières minutes, TV en noir et blanc) ! Au lieu d'ombrager la terre, ombrageons le bitume et en été ça fait de l'ombre aux voitures dessous ! A part le prix d'installation, on se demande pourquoi "toutes" les GS n'ont pas leurs parkings recouverts de panneaux (ça s'est fait y a longtemps à Corte (Corse) devant la grande surface du groupe Cas*).

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