Plutôt que d’artificialiser de nouvelles terres agricoles, la Vendée fait le choix d’équiper les toits des parking et bâtiments communaux et intercommunaux existants pour accroitre son parc de panneaux photovoltaïques et élargir le spectre des énergies renouvelables.Vendée Ombrières, fondée par la société mixte Vendée Energie, veut accélérer le développement du photovoltaïque dans la région. Créée avec le syndicat départemental d'énergie et d'équipement de la Vendée (SyDEV), l'entreprise va investir sept millions au cours des deux prochaines années pour déployer cinquante projets de centrales photovoltaïques sur les toits de parkings et bâtiments communaux et intercommunaux à travers le département. « L'éolien montre ses limites d'acceptabilité dans la population et le développement du photovoltaïque a du sens pour accroître la part des énergies renouvelables sur notre territoire », explique Alain Leboeuf, Président de Vendée Energie.
Grâce à sept parcs éoliens (55 éoliennes), soixante-cinq centrales solaires photovoltaïques dont soixante en toitures et cinq au sol, Vendée Energie produit déjà 15% (10% avec l'éolien et 5% avec le photovoltaïque) de l'énergie consommée dans le département. « En l'an 2000, nous étions 100% dépendant du réseau EDF. Or, ici, nous n'avons ni fleuve, ni montagne, ni centrale nucléaire... », rappelle Alain Leboeuf, alors que la loi sur la transition énergétique et la croissance verte fixe comme objectif national que les énergies renouvelables représentent 32% de la consommation d'énergie finale. « Nous avons déjà utilisé les surfaces disponibles de centres d'enfouissement techniques et de bâtiments, mais pour aller plus loin, il était hors de question d'empiéter sur les terres agricoles. Nous avons suffisamment de surfaces artificialisées dans le département et notamment les toits de parkings et de bâtiments communaux », estime-t-il. Des millions de m² disponibles ?
« Penser photovoltaïque ! »
Le potentiel serait difficilement chiffrable en raison des contraintes d'orientation, de poids, de prise au vent, de sécurité et parfois du coût des équipements de raccordements au réseau qui anéantissent le modèle économique du projet. « C'est toujours un peu compliqué d'aller sur des bâtiments existants qui n'ont pas été conçus en ce sens, mais nous incitons les collectivités à y réfléchir dans leur nouveau projet et les maires à penser photovoltaïque ! Certains y voient, d'ailleurs, l'occasion de proposer des abris pour des véhicules ou la création de place de marché », indique Alain Leboeuf. L'opération serait « complètement blanche » pour les communes et intercommunalités, engagées par un bail de trente ans. Selon le lieu et le type d'installation, l'investissement s'élèverait autour de 135.000 euros pour 500 m². Une centrale de 100 KWc, comme celles de Longèves (85) produirait entre 100.000 et 120.000 KWh. Au tarif actuel, la revente d'électricité rapporterait de 10.000 à 12.000 euros de revenus par an.