L'angevin Ametra met la main sur la PME rennaise Styrel pour voir plus grand

Ingénieriste et intégrateur dans les secteurs de l’aéronautique, du spatial, de la défense et du ferroviaire, le groupe angevin Ametra vient de faire l’acquisition de la PME rennaise Styrel, spécialisée dans les domaines de l’instrumentation et l’acquisition de données. Un renforcement voulu pour peser davantage dans la quête d’appel d’offres plus ambitieux.

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Les dirigeants de Styrel et d'Ametra, partenaires depuis 2015, entendent optimiser leur complémentarité pour aller conquérir de nouveaux marchés et capter 3 millions d'euros de chiffre d'affaires pour Styrel d'ici à trois ans.
Les dirigeants de Styrel et d'Ametra, partenaires depuis 2015, entendent optimiser leur complémentarité pour aller conquérir de nouveaux marchés et capter 3 millions d'euros de chiffre d'affaires pour Styrel d'ici à trois ans. (Crédits : DR)

Ce pourrait être la première d'une série d'absorptions pour Ametra, spécialisée dans la conception mécanique et électrique et l'assemblage de cartes électroniques pour les secteurs de l'aéronautique, du spatial, de la défense, du nucléaire et du ferroviaire qui entend grossir pour rester audible sur des appels d'offres de plus en plus ambitieux. « Notre stratégie de croissance implique l'acquisition de nouvelles compétences de pointe pour offrir une prestation complète à nos clients, depuis la prise en compte des besoins techniques jusqu'à la livraison de l'équipement », explique Anne-Charlotte Fredenucci, Présidente du groupe Ametra (700 personnes) qui vient de mettre la main sur la PME rennaise Sytrel, avec qui elle entretenait un partenariat depuis 2015, sur certains projets d'ingénierie, comme Safran notamment. « Cette intégration nous permet d'acquérir des compétences sur les cartes électroniques et les softwares embarqués et d'avoir une capacité sourcing en Asie, que nous n'avions pas jusque-là », ajoute Anne-Charlotte Fredenucci, qui entend ainsi se positionner sur des appels d'offres plus complexes techniquement.

Eviter de perdre un partenaire

Société d'ingénierie et de services en informatique industriel, intégrateur, distributeur de matériels et partenaire historique de National Instrument, Styrel est implantée sur quatre sites en France (Paris, Lyon, Rennes et Bordeaux) et réalise un chiffre d'affaires de 6 millions d'euros par an. Présent depuis trente-cinq ans sur le marché des grands comptes industriels français et européens, la PME bretonne se trouvait à l'âge de préparer un virage. Face aux risques de voir partir ses compétences chez un concurrent et de perdre cette relation, Ametra dit avoir préféré « aller plus loin dans la nature du partenariat ». «Ametra est un acteur reconnu de l'écosystème industriel, en croissance en France et à l'international avec ses implantations en Tunisie et en Inde. Cette opération est bénéfique, tant pour nos clients actuels et futurs que pour l'ensemble des collaborateurs de Styrel qui rejoignent un groupe majeur de l'industrie française », soutient Etienne Bardey, président de Styrel, qui apportera à Ametra Engineering des compétences spécifiques autour de l'informatique applicative destinée à l'industrie, l'informatique embarquée temps-réel, les métiers de la R&D et des essais dans le but de renforcer son positionnement sur des projets plus ambitieux. Une complémentarité qu'Ametra va pousser sur chacun des sites de Styrel. Le groupe angevin prévoit une centaine d'embauches pour 2022 dont une vingtaine pour Styrel, pour qui l'ambition est faire croitre le chiffre d'affaires de 3 millions d'euros sur trois ans.

Doper le pôle nucléaire

Présent dans le nucléaire civil, militaire et de la recherche qui représente 25% de son activité, Ametra ne cache pas son intention d'aller chercher des partenariats dans l'ingénierie nucléaire « Nous ne sommes pas allés jusqu'au bout de la logique... », reconnait Anne Charlotte Fredenucci, dont les expertises déjà engagées avec TechnicAtom pour la construction du futur porte-avions nucléaire veulent pouvoir être élargies à la gestion des projets en installation générale, et répondre à aux projets de mini-centrales nucléaires (SMR) évoquées par Emmanuel Macron, et aux projets liés au développement des énergies vertes.

« Les clients sont de plus en plus exigeants, les objectifs et résultats attendus de plus en plus forts. Il y a une course à la taille qui nous impose d'élargir notre périmètre, nous structurer pour couvrir une nouvelle géographie et apporter une plus grande expertise pour être crédible dans les appels d'offres. Ça peut passer par l'étranger, par l'Italie, par l'Allemagne... Nous sommes à l'écoute... », esquisse la dirigeante d'Ametra, dont la diversité des activités et l'apport de valeurs ajoutées lui ont permis de limiter la casse liée à la crise et de finir l'année 2020 avec un chiffre d'affaires de -12%. « Tout en continuant à gagner de l'argent. C'est un moindre mal. On a montré une certaine capacité de résilience », admet-elle.

Les cycles longs sauvent la mise

En effet, pour faire face aux conséquences de la crise sanitaire et de la pénurie de composants, l'entreprise est passée en mode « gestion de crise ». Avec des rapports quotidiens entre le responsable des achats et la direction. « Nous avons mis en place des stocks partagés, avons multiplié les démarches, fait les fonds de tiroirs, mais des produits certifiés à 50.000 euros ne se trouvent pas sur l'étagère d'un supermarché », dit-elle. L'entreprise a maintenu l'expertise RH dans le groupe et aucun licenciement n'a été mis en place. Mais, il a fallu aller chercher des solutions alternatives pour faire face aux pénuries de composants dont les délais d'approvisionnement sont passés de 12 à 24 semaines. « Nous n'avons planté aucun client, mais la situation ne fait qu'empirer. Pénurie est devenu le mot le plus courant au quotidien. Les actions mises en place ne peuvent être que temporaires. Piquer dans ses marges n'est pas viable financièrement. Heureusement, nos clients jouent le jeu et couvrent l'achat des composants dont les prix se sont envolés. Notre chance, c'est que l'on travaille sur des cycles longs. La seule solution à mes yeux, c'est que les fabricants chinois augmentent leurs cadences », conclut-elle.

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