C'est une initiative citoyenne, considérée comme « unique en son genre », créée pour combler les trous dans la raquette du mécénat où de petites entreprises « qui ont envie de se lancer » et de petites associations insuffisamment dimensionnées, restaient à la porte des projets d'envergure nationale. Fondée autour de trente-quatre partenaires dont dix membres fondateurs du privé et du public (Capeb44, conseil général 44, Les Ecossolies, Nantes Métropole, KPMG, Malakoff Humanis, Passerelles & Compétences...) la Fondation Territoriale de Loire-Atlantique veut être le maillon manquant et un accélérateur du mécénat au service des inégalités sociétale, sociale, environnementale. « A ce niveau de coopération, c'est une première en France. C'est une alliance de multi parties prenantes, impulsée par une initiative privée, qui n'existe pas ailleurs », se réjouit Fanny Lepoivre, ex-cadre pour la Croix-Rouge, la fondation abbé Pierre, bénévole pour des associations locales, fondatrice et déléguée générale de la Fondation Territoriale de Loire-Atlantique.
Créée le 25 mai dernier, officiellement lancée le 4 juillet, la structure s'installe sur un département fertile. Un territoire riche de 30.000 associations Loi 1901, où selon un classement la Fondation OÏKOS, la métropole nantaise décroche la 1ère place parmi les métropoles les plus RSE de France. Dans ce panorama porteur, la région, dotée du Pôle Mécénat des Pays de la Loire depuis 2014, figure, selon une étude de l'Admical (association pour le développement du mécénat dans les entreprises) comme la première région française pour son engagement vers le mécénat avec un taux de participation des entreprises de 9,5%. Très présentes, les entreprises ligériennes ne comptent, en revanche, que pour 3,4% du budget national du mécénat, loin derrière Auvergne-Rhône Alpes (11,4%), les Hauts de France (7,5%) où l'île de France qui a elle seule pèse pour 55,5%. De même que les dons plafonnent à, à peine 7400 euros en Pays de la Loire, quand ils atteignent 23.000 euros dans le Sud-Est et 47.000 euros dans le Nord. « Pour des raisons historiques ou culturelles », justifie l'Admical. C'est en tout cas sur les petites structures , "mais pas que..." que la Fondation Territoriale de Loire-Atlantique jette son dévolu. « Au-delà de l'intérêt fiscal qui n'est pas la motivation première, les entreprises ont pris conscience, que dans un contexte de pénurie de personnel, pour être attractives et fidéliser leur personnel, elles pouvaient investir dans le mécénat de compétences et donner du sens à leur activité. Or, beaucoup étaient perdues devant le foisonnement de dispositifs et d'initiatives. Certaines ignorent, par exemple qu'elles peuvent transformer en dons, les charges des congés payés abandonnés par leurs salariés », indique la déléguée générale de la FT44, qui compte sur les réseaux d'entreprises (Chambres consulaires, Dirigeants Responsable de l'Ouest, le syndicat d'artisans de la Capeb...), pour mobiliser les troupes.