Un microbiologiste nantais dans le giron de BioMérieux

Frédéric Thual

Frédéric Thual
"Nous voulions passer à un stade industriel", explique Benoit Lebeau, co-fondateur de la société nantaise Ceeram (Centre Européen d'Expertise et de Recherche sur les Agents Microbiens), spécialisée dans la recherche et la production de kits de détection et d'identification d'agents microbiens émergents et atypiques. En d'autres termes, des virus ou de bactéries souvent à l'origine de gastroentérites, d'hépatites A et E...
Un accord est finalement intervenu avec le groupe BioMérieux, jusque là partenaire et client de Ceeram.
"Nous avons trouvé un terrain d'entente sur le projet industriel", confie Benoit Lebeau.
Tout en complétant la gamme de solutions diagnostic proposés par BioMérieux, les tests virologiques moléculaires et kits de diagnostic ceeramTools® mis au point par Ceeram vont ainsi enrichir la gamme de solutions de diagnostic alimentaire de BioMérieux. Ils vont aussi permettre à ce dernier d'entrer dans le marché des tests virologiques moléculaires au service de l'industrie agro-alimentaire. Un nouveau métier non négligeable puisque les virus pathogènes dans les aliments et dans l'eau sont à l'origine de la plupart des toxi-infections alimentaires dans le monde.
Positionnée sur une niche, membre des pôles de compétitivité Atlantpole biothérapies et Valorial et soutenue au cours des cinq premières années par le Centre Européen d'Entreprises et d'Innovation Atlanpole, Ceeram est devenue en moins de dix ans leader mondial en virologie alimentaire, pour la détection de virus et de bactéries.
"En créant Ceeram, il ne s'agissait pas de faire du développement et d'attendre d'éventuels résultats. Nous sommes certes un laboratoire de recherche, mais nous sommes avant tout une entreprise", répète Benoit Lebeau, associé depuis le départ à la microbiologiste Fabienne Loisy-Hamon, tous deux spécialisés en identification génétique.
Avec des croissances de chiffre d'affaires de +34% en 2012 et +70% en 2013, Ceeram a réalisé un chiffre d'affaires de 1,3 million d'euros cette année là et 1,6 millions en 2014. Au gré d'un partenariat conclu, en 2012, avec le leader mondial Life Technologies, distributeur des kits de diagnostic ceeramTools™ sur l'Europe, le Moyen-Orient, l'Afrique, les Amériques, l'Asie et l'Océanie, l'entreprise nantaise a vu bondir son activité (+63%) sur les marchés étrangers. Après deux années de rentabilité (+50% EBE), le duo d'entrepreneurs a réussi à maitriser sa croissance. "C'est aussi en raison du choix d'un effectif restreint à 10 personnes que l'entreprise a su s'équilibrer et devenir rentable", justifie le biologiste moléculaire, formé à l'école du feu généticien nantais Jean-Paul Moisan, fondateur d'Atlangène.
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Une réussite qui n'est pas arrivée par hasard. En 2013, Ceeram, obtenait deux certifications significatives, ISO 9001 et ISO 13485, pour ses activités de conception, développement, fabrication et commercialisation des kits de détection et d'identification de micro-organismes ceeramTools®. Cette même année, l'entreprise nantaise était distinguée régionalement pour sa démarche à l'export, et se voyait décerner un Award par l'agence américaine IAFP (International Association Food Protection) pour ses travaux innovants sur la prévention et la maîtrise du risque viral dans les aliments. Ceeram, qui visait un chiffre d'affaires de 3 millions d'euros à l'horizon 2016, voit désormais s'ouvrir de nouveaux horizons "Nous allons utiliser tous les leviers disponibles et notamment logistiques", se félicite Benoit Lebeau, dont l'entreprise travaillait, par ailleurs, sur un projet de R&D innovant autour des norofitines, au sein du programme Rapid. Elle fût aussi la seule entreprise française à participer au consortium européen Aquavalens fondé dans le cadre du programme européen FP7, destiné à accroître la protection de la santé des européens en améliorant les méthodes de détections des pathogènes dans l'eau, utilisée pour les boissons et la préparation des aliments.
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