Un microbiologiste nantais dans le giron de BioMérieux

 |   |  740  mots
Tout en complétant la gamme de solutions diagnostic proposés par BioMérieux, les tests virologiques moléculaires et kits de diagnostic ceeramTools®  mis au point par Ceeram vont ainsi enrichir la gamme de solutions de diagnostic alimentaire de BioMérieux.
Tout en complétant la gamme de solutions diagnostic proposés par BioMérieux, les tests virologiques moléculaires et kits de diagnostic ceeramTools® mis au point par Ceeram vont ainsi enrichir la gamme de solutions de diagnostic alimentaire de BioMérieux. (Crédits : BioMérieux)
Dix ans après avoir stabilisé son modèle économique, la société nantaise Ceeram, devenue leader mondial en virologie alimentaire, cherchait depuis quelques temps à s'adosser à un industriel pour accroître ses moyens de production et de distribution. C'est chose faite depuis le 22 janvier. Le groupe BioMérieux, acteur mondial spécialisé dans les diagnostics in vitro, vient d'en faire l'acquisition.

"Nous voulions passer à un stade industriel", explique Benoit Lebeau, co-fondateur de la société nantaise Ceeram (Centre Européen d'Expertise et de Recherche sur les Agents Microbiens), spécialisée dans la recherche et la production de kits de détection et d'identification d'agents microbiens émergents et atypiques. En d'autres termes, des virus ou de bactéries souvent à l'origine de gastroentérites, d'hépatites A et E...

"Nous avions deux possibilités, dit-il. Soit, nous poursuivions notre croissance en propre en entreprenant une levée de fonds significatives d'au moins deux millions d'euros, ce qui constituait une prise de risques et une perte de temps qui pouvaient nuire à notre dynamique, soit nous répondions favorablement aux sollicitations des six acteurs mondiaux qui s'intéressaient à nous."

Un accord est finalement intervenu avec le groupe BioMérieux, jusque là partenaire et client de Ceeram.

BioMerieux élargit son offre

"Nous avons trouvé un terrain d'entente sur le projet industriel", confie Benoit Lebeau.

"Cette stratégie va nous permettre de multiplier nos moyens de production, d'accroître la visibilité internationale des kits CeeramTools® et de nous ouvrir de nouveaux marchés vers l'Amérique du Nord, du Sud ou de l'Asie. "

Tout en complétant la gamme de solutions diagnostic proposés par BioMérieux, les tests virologiques moléculaires et kits de diagnostic ceeramTools®  mis au point par Ceeram vont ainsi enrichir la gamme de solutions de diagnostic alimentaire de BioMérieux. Ils vont aussi permettre à ce dernier d'entrer dans le marché des tests virologiques moléculaires au service de l'industrie agro-alimentaire. Un nouveau métier non négligeable puisque les virus pathogènes dans les aliments et dans l'eau sont à l'origine de la plupart des toxi-infections alimentaires dans le monde.

Dix ans de croissance

Positionnée sur une niche, membre des pôles de compétitivité Atlantpole biothérapies et Valorial et soutenue au cours des cinq premières années par le Centre Européen d'Entreprises et d'Innovation  Atlanpole, Ceeram est devenue en moins de dix ans leader mondial en virologie alimentaire, pour la détection de virus et de bactéries.

"En créant Ceeram, il ne s'agissait pas de faire du développement et d'attendre d'éventuels résultats. Nous sommes certes un laboratoire de recherche, mais nous sommes avant tout une entreprise", répète Benoit Lebeau, associé depuis le départ à la microbiologiste Fabienne Loisy-Hamon, tous deux spécialisés en identification génétique.

Avec des croissances de chiffre d'affaires de +34% en 2012 et +70% en 2013, Ceeram a réalisé un chiffre d'affaires de 1,3 million d'euros cette année là et 1,6 millions en 2014. Au gré d'un partenariat conclu, en 2012, avec le leader mondial Life Technologies, distributeur des kits de diagnostic ceeramTools™ sur l'Europe, le Moyen-Orient, l'Afrique, les Amériques, l'Asie et l'Océanie, l'entreprise nantaise a vu bondir son activité (+63%) sur les marchés étrangers. Après deux années de rentabilité (+50% EBE), le duo d'entrepreneurs a réussi à maitriser sa croissance. "C'est aussi en raison  du  choix d'un effectif restreint à 10 personnes que l'entreprise a su s'équilibrer et devenir rentable", justifie le biologiste moléculaire,  formé à l'école du feu généticien nantais Jean-Paul Moisan, fondateur d'Atlangène.

Utiliser les leviers disponibles

Une réussite qui n'est pas arrivée par hasard. En 2013, Ceeram, obtenait deux certifications significatives, ISO 9001 et ISO 13485, pour ses activités de conception, développement, fabrication et commercialisation des kits de détection et d'identification de micro-organismes ceeramTools®. Cette même année, l'entreprise nantaise était distinguée régionalement pour sa démarche à l'export, et se voyait décerner un Award par l'agence américaine IAFP (International Association Food Protection) pour ses travaux innovants sur la prévention et la maîtrise du risque viral dans les aliments.  Ceeram, qui visait un chiffre d'affaires de 3 millions d'euros à l'horizon 2016, voit désormais s'ouvrir de nouveaux horizons "Nous allons utiliser tous les leviers disponibles et notamment logistiques", se félicite Benoit Lebeau, dont l'entreprise travaillait, par ailleurs, sur un projet de R&D innovant autour des norofitines, au sein du programme Rapid. Elle fût aussi la seule entreprise française à participer au consortium européen Aquavalens fondé dans le cadre du programme européen FP7, destiné à accroître la protection de la santé des européens en améliorant les méthodes de détections des pathogènes dans l'eau, utilisée pour les boissons et la préparation des aliments.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :