Les épaves, des oasis pour le renouvellement de la biodiversité
Fanny Arlandis
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Les bâtiments échoués offrent un nouveau refuge aux espèces environnantes.
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Les bâtiments échoués offrent un nouveau refuge aux espèces environnantes.
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Oubliez les pièces d'or, les épaves renferment un trésor plus somptueux encore : leur biodiversité. Conscient de cette richesse, le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines convie régulièrement écologues et biologistes à ses fouilles. C'est ainsi que Nadine Le Bris, écologue marine à la Sorbonne, s'est retrouvée cet été à bord de l'Alfred-Merlin au large de la Corse.
Sa mission : étudier les espèces peu connues, comme certains coraux, qui colonisent les épaves des très grandes profondeurs (au-delà de 200 mètres). « Le partage de ces outils est une occasion unique de mutualisation des connaissances pour comprendre comment certaines espèces s'y installent, grandissent, créent des habitats pour d'autres alors même que la profondeur les prive de lumière ou de nourriture », explique-t‑elle.
Ces épaves « ont un effet d'oasis », explique Pierre Chevaldonné, directeur de recherche au CNRS rattaché à l'Institut méditerranéen de biodiversité et d'écologie marine et continentale. Elles offrent une surface dure dans des fonds majoritairement constitués de substrats meubles et vaseux et deviennent des îlots de ressources pour la biodiversité environnante. « Il s'agit soit d'organismes qui se déplacent activement vers ces nouveaux substrats, soit d'œufs ou de larves - comme les éponges, par exemple - qui suivent les courants et attendent une surface dure pour se fixer. »
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Bactéries, congres, moules, coraux et gorgones s'y installent, attirés par ce nouvel habitat qui offre un abri aux juvéniles, une zone de reproduction et un garde-manger. « Mais ne nous y trompons pas, insiste l'écologue. Sur le plan écologique, ces structures n'ont pas les mêmes effets qu'une roche et les espèces peuvent très bien se débrouiller sans ces épaves, il ne s'agit que d'un effet d'aubaine. » Car un naufrage demeure avant tout une catastrophe. Au-delà de la tragédie humaine, le choc au fond de l'eau peut écraser des organismes, entraîner des pollutions, modifier des courants... Mais comme on connaît souvent la date des naufrages, « les épaves offrent une occasion unique d'expérimentation car il est possible d'en déduire l'âge des écosystèmes et d'analyser le processus écologique de colonisation », ajoute Nadine Le Bris. Ces épaves n'ont donc pas fini de livrer leurs secrets.
Fanny Arlandis
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