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Kem One : trois offres déposées et des clauses suspensives

Photo de Jean-Louis Alcaide

Marie-Annick Depagneux, à Lyon, Acteurs de l’économie

Publié le 20 septembre 2013 à 16:52 - Mis à jour le 24 février 2014 à 13:21

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Deux fonds américains ont déposé chacun un projet de reprise, assorti de clauses suspensives. La CGT, qui a également déposé un dossier, a dénoncé ne pas avoir été traitée comme les autres candidats. Lors de son audience du 26 septembre le tribunal de commerce de Lyon devrait accorder un nouveau délai de 45 jours pour finaliser les négociations.

Oui, mais sous réserve. Les deux fonds d'investissement américains, Open Gate et Sun Capital Partners, ont déposé leur offre d'acquisition de Kem One SAS, ex-pôle vinyle d'Arkema, a annoncé vendredi 20 septembre Bruno Sapin, administrateur judiciaire, aux représentants du personnel convoqué en comité central d'entreprise, au siège de l'entreprise de Lyon. Toutefois, ces offres sont suspendues à la bonne fin des négociations, d'une part sur le coût des matières premières et des énergies - fournis par Total, Arkema, EDF), et d'autre part sur les créances (208 millions).

Estampille CGT

Pour sa part, la CGT a bien confirmé son projet de reprise sur la base d'un consortium à bâtir autour des deux régions (Rhône-Alpes et Paca), Bpifrance et des entreprises. « Notre dossier a un défaut, celui d'être estampillé CGT. Qu'on nous laisse au moins expliquer ce que nous envisageons, quitte à devoir passer notre chemin s'il le faut. Nous ne sommes pas dans une stratégie de terre brûlée. Notre crainte, c'est que Kem One devienne le Pétroplus de la chimie », a justifié Philippe Lemarchand, coordinateur CGT, centrale majoritaire.

Inquiétudes sociales

Le 26 septembre prochain les candidats seront auditionnés par le tribunal de commerce de Lyon qui - et ce sera la troisième fois - devrait accorder de l'ordre de 45 jours supplémentaires pour que les parties finalisent leurs discussions sous l'égide des pouvoirs publics, très mobilisés. « Cela commence à devenir long », s'impatientent de concert Philippe Lemarchand (CGT) et Jean-Michel Rovida, délégué syndical central CFDT.

La branche vinylique d'Arkema

Né en juillet 2012 suite à la cession de la branche vinylique d'Arkema à Gary Klesch, homme d'affaires d'origine américaine installé à Londres, Kem One se compose de deux entités juridiques : Kem One SAS, regroupant les activités amont de chlorochimie et PVC ; et Kem One Innovative Vinyls SAS, la partie transformation en tubes, profilés et mélanges. L'ensemble a enregistré 1,1 milliard d'euros de chiffre d'affaires et comptait 2 600 salariés, l'an dernier.

Seule la partie amont a été placée en redressement judiciaire, le 27 mars 2013, plongeant dans l'incertitude les 1 300 employés répartis sur sept usines, six en France et une en Espagne, mais aussi la multitude de fournisseurs et autres prestataires.

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Rumeurs sur les suppressions de postes

Les deux fonds d'investissement ont pris rendez-vous avec les représentants du personnel, ce lundi 23 septembre pour Sun Capital et le lendemain mardi 24 pour Open Gate. A ce stade, peu d'informations ont filtré sur le contenu des dernières propositions si ce n'est qu'elles portent sur l'intégralité du périmètre concerné par la procédure judiciaire.

Mais qu'en sera-t-il sur le plan social ? Le siège lyonnais du groupe serait le plus exposé et les rumeurs évoquent la probabilité de 70 suppressions de postes. Dans les sites industriels « où les départs ont été nombreux des embauches s'imposeront, notamment dans la maintenance », commente Jean-Michel Rovida. Par ailleurs, nous serons très attentifs aux efforts qui seront demandés à ceux qui restent ».

Suspicions

Se pose aussi la question de l'aval, indispensable pour assurer la viabilité de l'amont. Le groupe Klesch s'était engagé oralement, devant les juges consulaires, à l'apporter, pour l'euro symbolique au repreneur de la partie amont. « Nous le poursuivrons s'il ne respectait pas sa parole », tonne Jean-Michel Rovida.

Dans un tract, rédigé deux semaines après le dépôt de bilan, l'intersyndicale jetait la suspicion sur les pratiques de Gary Klesch et s'interrogeait  : « Où sont partis les 99,5 millions d'euros transférés entre Arkema et Kem One ? ». Le rapport de Jean-Luc Montcorgé, expert judiciaire, désigné par le tribunal de commerce, pointe, entre autres, 1,2 million d'euros mensuel que prélevait le groupe londonien au titre des frais de management. Des frais qui indignent Jean-François Carenco, le préfet de Région, préfet du Rhône.

De son côté, estimant avoir été berné par Arkema sur la situation réelle des actifs cédés, l'entrepreneur transatlantique a saisi le tribunal arbitral.

Affaires en hausse

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En attendant de savoir comment ce contentieux-là va se résoudre, la marche des affaires pour Kem One SAS est qualifiée « de supérieure aux prévisions établies à l'ouverture de la période d'observation », indique un porte-parole. De quoi prolonger celle-ci de deux mois avec, à la clef, un plan par continuation.

Marie-Annick Depagneux, à Lyon, Acteurs de l’économie

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