Climat : l'avenir de la planète entre les mains des villes

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Les villes détiennent les clés de la lutte contre le changement climatique
Les villes détiennent les clés de la lutte contre le changement climatique (Crédits : © Nguyen Huy Kham / Reuters)
Le rapport publié ce jeudi 1er décembre par le réseau de villes C40 fournit des pistes d’action concrètes pour respecter l’objectif de l’Accord de Paris sur le climat.

Tout est dans le titre du rapport : « Deadline 2020 : comment les villes vont faire le job ». En d'autres termes : le temps presse, et ce sont les villes qui détiennent l'essentiel du pouvoir pour limiter les dégâts en termes de changement climatique. Pour accomplir leur part de l'effort, elles doivent atteindre un pic de leurs émissions globales d'ici à 2020 puis diviser par deux leurs émissions par habitant dans les dix années suivantes. Le C40 (90 villes dont Dakar, Kuala Lumpur, Medellin et Montréal, qui viennent de rejoindre le réseau) estime que si toutes les villes de plus de 100.000 habitants suivaient les recommandations contenues dans ce rapport, les réductions d'émissions générées représenteraient 40 % des réductions nécessaires pour atteindre l'objectif de Paris. Le réseau se montre même encore un peu plus ambitieux en visant une hausse maximale de 1,5°C, quand l'Accord de Paris se fixe une limite de +2°C.

Bâtiment, transports et planification urbaine

Le rapport fournit des milliers de pistes d'actions concrètes. Le nombre d'initiatives mises en œuvre doit plus que doubler dans les quatre prochaines années pour passer de 11 000 à 25 000, et évoluer de la phase pilote vers des applications transformatives à l'échelle des villes tout entières.

Autres recommandations du rapport : les actions doivent viser en priorité les secteurs du bâtiment et des transports, ainsi que la planification urbaine. En effet, des villes compactes, connectées et coordonnées ont un rôle essentiel à jouer dans les économies d'émissions indirectes, et pour éviter des situations bloquées pendant des années.

Au-delà de leurs collaborations entre elles, les villes doivent sortir de leurs frontières administratives et travailler aussi avec les échelons régionaux, nationaux et au-delà pour s'assurer que les infrastructures nationales et internationales dont elles dépendent sont aussi transformées de manière à respecter leurs objectifs climatiques.

365 milliards d'investissements nécessaires d'ici à 2020

Anne Hidalgo, nouvelle présidente du C40 qui sera officiellement intronisée le 4 décembre, a rappelé l'importance de mobiliser les citoyens et le secteur privé, ainsi que les leaders de la finance internationale. Les maires du C40 estiment aussi que 375 milliards de dollars d'investissement dans les infrastructures bas carbone seront nécessaires dans leurs villes dans les quatre prochaines années. Une première enveloppe de 40 millions de dollars sur quatre ans, consentie par Bloomberg Philanthropies, la fondation Children's Investment Fund et le fonds danois Realdania, a été dévoilée par Michael Bloomberg, président du conseil d'administration du C40 et envoyé des Nations unies pour les villes et le changement climatique.

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Commentaires
a écrit le 07/12/2016 à 4:15 :
Et la démographie sera encore une fois le grand absent des débats.
a écrit le 05/12/2016 à 9:24 :
Suite 3. Si vous me permettez un autre commentaire, je préciserais que les économistes qui inspirent notre Président rejettent cette solution de taxer l'énergie pour réduire le cout du travail.(page 224 du livre "changer de modèle"). Ils ont tort.
a écrit le 05/12/2016 à 8:55 :
Suite 2. Si vous le permettez, je complète mon commentaire en précisant que notre prix Nobel d'économie est favorable à une taxe sur l'énergie pour protéger le climat et qu'un de ses camarades de promotion propose d'utiliser cette taxe pour réduire progressivement le cout du travail. C'est trop difficile à comprendre!
a écrit le 05/12/2016 à 8:44 :
Suite. L'Allemagne et la Suède appliquent ce principe et s'en portent très bien. La France et l'Italie ne l'appliquent pas. Que deviennent ces pays? Attendons les élections.
a écrit le 05/12/2016 à 8:31 :
Le seul moyen, c'est le porte monnaie. Il faut taxer l'énergie et réduire le cout du travail, progressivement jusqu'à un certain seuil. A force de le répéter, quelqu'un appliquera peut être cette solution. C'est pour le bien de tous. Mais c'est difficile à comprendre.
a écrit le 05/12/2016 à 7:35 :
Arrêtons avec "l'avenir de la planète" c'est l'avenir de l'humanité qui est peut être entre les mains des villes la planète quant à la planète elle elle saura gérer les problèmes engendrés par l'homme quitte à l'éliminer donc l'avenir de la planète est assuré pour des milliards d'années celui de l'humanité par contre est peut être plus incertain.
a écrit le 02/12/2016 à 9:20 :
Une fois de plus on voit comment s'organise sans aucune concertation ni mandat à cet effet, le contournement des règles démocratiques pour imposer un agenda particulier.

On est au delà de l'incertitude juridique ou de l'inégalité des citoyens devant la loi au sens de la jouissance de leur droit de propriété.
Et demain quoi? D'autres villes pousseront un autre agenda, lui aussi tout aussi liberticide, au nom du bien et de la protection de nos enfants. Pourquoi pas un droit de péage imposé aux gueux comme il y a quelques siècles?
Il serait temps que nous prenions conscience que de laisser trop de pouvoir entre les mains de structures dont ce n'est en rien l'objet finira par rendre notre monde totalement invivable.

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