Smart City : Birdz s'attaque au frein de l'intéropérabilité

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Les solutions proposées s'appuieront toutes sur des réseaux ouverts.
Les solutions proposées s'appuieront toutes sur des réseaux ouverts. (Crédits : CC / Pixabay)
Issue de la fusion de deux startups spécialistes de la télé-relève des compteurs d'eau, cette filiale de Veolia se positionne désormais comme un intégrateur de "briques technologiques standards inter-opérables et réversibles" dans tous les métiers qui intéressent les villes. Elle compte s'imposer comme le "leader de l'IoT environnementale".

Les villes qui aspirent à devenir "intelligentes" sont confrontées depuis longtemps à la question : face à l'essor de l'Internet des objets (IoT), à la multiplication et à la mutation continue des technologies et des opérateurs de réseaux, comment s'assurer de la pérennité de la solution choisie ? Comment éviter que les investissements engagés ne se révéleront pas rapidement obsolètes car incompatibles avec les développements futurs ? Bien que partagée par les grandes métropoles et les plus petites communes, elle est toutefois restée jusqu'à des temps récents sans réponse. Le scénario n'a commencé que tout récemment à changer, grâce aussi à l'émergence dans le secteur de la Smart City de protocoles ouverts, compatibles avec davantage d'intéropérabilité. Et c'est justement sur ce créneau qu'une nouvelle filiale de Veolia, née en décembre 2017, entend se positionner.

"Orchestrateur de solutions pour les collectivités"

L'entreprise est issue de la fusion de deux startups, dont elle compte optimiser voire sublimer les savoir-faire. Une première, HomeRider, créée en 2008 et rachetée en 2009 par Veolia, était une pionnière des objets connectés, notamment sur les marchés de la télé-relève des compteurs d'eau et du télé-jaugeage des cuves de gaz de jardin. La deuxième, m2ocity, avait été créée en 2011 par Veolia avec Orange, afin justement d'industrialiser la technologie de HomeRider, dont elle déployait les réseaux. Elle avait permis de faire passer le nombre de compteurs communicants installés de quelques centaines à trois millions.

Leur rassemblement au sein d'une seule entité - qui compte désormais 140 salariés et 45 millions de chiffre d'affaires - vise à adresser l'ensemble de la chaîne de valeur des objets connectés, et en même temps à multiplier les services offerts aux villes. Birdz entend en effet explicitement s'imposer comme le "leader de l'IoT environnementale", bien au-delà des seuls réseaux d'eau, mais en tant qu'intégrateur de "briques technologiques standards inter-opérables et réversibles", "orchestrateur  d'un ensemble de solutions pour les collectivités", explique son directeur général Xavier Mathieu.

Les métiers adressés sont donc dorénavant tous ceux qui intéressent les villes : gestion énergétique des bâtiment, des réseaux d'eau (contrôle de la qualité et de la pression, prévention des fuites, réserves en cas d'incendie, etc.), des déchets (mesure des points d'apport volontaire, par exemple), mais aussi de l'éclairage publique, des bruits, mesure de la qualité de l'air. Et si l'entreprise continuera d'opérer les technologies d'HomeRider jusqu'à l'expiration des contrats en cours, les nouvelles solutions proposées s'appuieront désormais toutes sur des réseaux ouverts : ce qui implique un changement radical de modèle économique, de la vente de technologie à celle d'un service avec obligation du résultat, souligne Xavier Mathieu.

Des synergies avec Veolia

L'entreprise compte sur ses spécificités pour relever le défi : à savoir les compétences acquises lors du déploiement "de millions de capteurs d'eau dans des conditions radio souvent difficiles"  et dans l'ensemble du territoire.

« Le fait de s'adresser seulement à des clients industriels ou à des collectivités impose en outre de proposer des produits durables ainsi qu'un service de révision d'une qualité supérieure à celle des autres opérateurs IoT », ajoute le directeur général.

Les synergies avec Veolia sont également une force. Les services de Birdz pourront en effet être proposés par le géant français dans le cadre de ses contrats de délégation du service public, y compris à l'étranger. Ce qui permettra non seulement à la nouvelle entreprise - qui reste néanmoins libre de répondre directement à des appels d'offres des collectivités territoriales - d'élargir ses clients et de s'internationaliser, mais aussi à Veolia de continuer de moderniser son offre.

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