Mercredi, l'agence nationale du sport (ANS) a présenté la maison de la performance, avec ses deux lieux mis à disposition des athlètes français pendant les Jeux olympiques, en complément du village et du Club France. Une offre inédite inspirée de la « performance lodge » des Anglais à Londres en 2012. L'occasion pour Claude Onesta, qui délaisse de plus en plus les bureaux pour se rapprocher du terrain, de faire le point sur l'état des troupes.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Comment sentez-vous les athlètes français à presque J-100 ?
CLAUDE ONESTA - Évidemment, ce serait étonnant qu'ils ne soient pas sous pression. Mais l'analyse factuelle nous donne du crédit : nous avons fait des comparatifs sur la situation dans laquelle ils étaient avant les Jeux de Tokyo et celle dans laquelle ils sont aujourd'hui, en se basant sur les résultats et les podiums aux championnats du monde de l'année qui précède. Avec les mêmes athlètes ou presque - en trois ans, on ne change pas une génération -, les performances ont quasi doublé. Pas dans toutes les disciplines, mais en volume. Cette dynamique valide la qualité du travail et notre investissement, notamment sur les entraîneurs. Moi, je suis pragmatique. Tokyo, c'était 33 médailles. Pour être au rendez-vous espéré à Paris, il en faut quasiment le double. En clair, faire deux fois mieux avec les mêmes. Je me suis demandé par quel bout prendre la problématique. On a été beaucoup plus précis dans l'accompagnement du sportif, mais il m'est aussi apparu essentiel d'agir sur les coachs. On a recruté des experts à des endroits où on n'en avait pas et on a valorisé le travail des entraîneurs. Cette dynamique se propage aux athlètes, car le discours devient ambitieux, avec une forme de croyance dans la réussite.
La pression à domicile, c'est quitte ou double ?
Quand vous êtes prêt, c'est un tremplin qui peut vous propulser. Quand vous ne l'êtes pas, ça peut vous écraser. C'est pour ça qu'il fallait entrer dans cette dynamique de croyance, pour que cet engouement du public soit générateur d'énergie et facilitateur de la performance.
Propos recueillis par Solen Cherrier