Dans un taxi qui longe le boulevard de l'Océan, le chauffeur peine à décrocher les yeux du téléphone posé sur ses genoux. « Désolé, je ne fais jamais ça d'habitude », s'excuse Sébastien, captivé par le match de Félix Lebrun. Est-il un passionné de tennis de table depuis des années ? « Pas du tout, mais là je me suis pris au jeu », raconte le conducteur en arrivant à sa destination : la fan zone de Saint-Brevin-les-Pins (Loire-Atlantique). En face de l'office de tourisme, les anneaux olympiques qui ornent le rond-point ont annoncé la couleur.
Derrière une rangée de pins, Geoffroy Purkart, l'adjoint aux sports de la mairie, déplie des chaises en plastique blanches sous un soleil radieux. Ce jeudi soir, des centaines de personnes sont attendues devant l'écran géant. La station balnéaire n'accueille aucune épreuve ni délégation d'athlètes. Faute de parcourir les 429 kilomètres qui les séparent de la capitale, c'est donc depuis ce « Club 2024 » - labellisé par le Cojop - que les amateurs de sport suivent les compétitions. Comme pour ramener les Jeux à domicile, la mairie a installé une tour Eiffel en bois au milieu de cette fan zone de 1 500 mètres carrés en bordure de plage.
« On est mieux pour regarder les JO ici qu'à Paris », insiste Dominique, 60 ans, encore émerveillé par les exploits de Léon Marchand. En bermuda et tee-shirt, confortablement installé dans son transat, l'Angevin avoue craindre la foule et les risques d'attentat sur les sites olympiques. « Et puis la bière est bien moins chère », plaisante sa compagne, Sylvie, en levant sa pinte, pour laquelle elle a déboursé 5 euros à la buvette.