Avec lui, il faut que ça glisse. Sur la neige, sur l'eau. Peu importe, tant que ça file. Ce matin, c'est sur le bassin olympique de Vaires-sur-Marne (Seine-et-Marne) que Benjamin Daviet ira à la pêche aux sensations. Et si possible à la médaille. L'athlète, privé de la mobilité d'une jambe depuis un accident de mobylette à 17 ans, tentera de se hisser sur le podium en para aviron. Il s'élancera en compagnie de Perle Bouge, dans la catégorie deux de couple mixte PR2. « Les Anglais sont un cran au-dessus, mais derrière, ce sera très serré », prédit-il en compétiteur expérimenté. C'est que le haut niveau, il connaît. À 35 ans, le Français émerge même dans une catégorie d'élite : celle des champions dont le talent fleurit été comme hiver.
Sportif boulimique et multicarte depuis ses plus jeunes années, Benjamin Daviet a amassé dix médailles en ski de fond et biathlon, dont cinq en or, en trois participations aux Jeux paralympiques d'hiver. Lors des derniers, à Pékin en 2022, il était porte-drapeau de la délégation tricolore. C'est justement à son retour de Chine que la Fédération française d'aviron lui a fait livrer une embarcation sur le lac d'Annecy, région d'où il est originaire. L'initiative l'a fait chavirer. Jusqu'alors, il refusait de se jeter à l'eau. Repéré quatre ans plus tôt pour son coup de rame lors d'une journée découverte, déjà à Vaires-sur-Marne, il préférait rester concentré sur les sports hivernaux.