C'est une vie de plus pour un homme qui en a connu mille. Celle sur scène est sur pause, la faute à une blessure lors d'un match de foot. Mais la rééducation n'a pas empêché Yannick Noah de reprendre place sur le court, auprès de joueurs qu'il ne connaissait pas il y a quelques mois, ou si peu, et qui ne rêvaient que de lui. Il a fait gagner en capitaine de Coupe Davis (1991, 1996, 2017) et de Fed Cup (1997), le voilà désormais avec les Bleus du tennis fauteuil. Deux roues et un rebond autorisé en plus ne changent rien aux envies. D'autant plus qu'il sera comme à la maison, à Roland-Garros (30 août-7 septembre), là où lui-même est allé au bout de son rêve en 1983.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Ça fait quoi d'aborder ses premiers Jeux à 64 ans ?
YANNICK NOAH - Je sais que ça va vibrer. Je le sais parce que ça m'a fait le coup avec la flamme. Pierre Rabadan [adjoint à la maire de Paris chargé du sport] m'avait appelé pour me demander si je ne viendrais pas passer un relais à la mairie. J'ai dit OK, ça s'est fait très vite, et je suis retourné à mes trucs. Le jour arrive : « Ah mais il faut que j'y aille là... Les gosses, vous voulez venir avec moi ? » Je ne réalisais pas vraiment la chose, en fait. Et là, quand je me suis retrouvé avec la flamme [Il a allumé la vasque place de l'Hôtel-de-Ville], c'est monté d'un coup. Une espèce de vibration... Toute la symbolique de la flamme depuis toujours, les mecs que tu as vus courir avec quand tu avais 10 ans, c'est revenu soudainement.