C'est une vérité qui s'impose à tous les pays organisateurs : les Jeux passent vite. Très vite. Trop vite. D'autant plus vite rapporté à l'échelle du temps olympique : cette bulle euphorisante, c'est moins de 0,5% des dix années à plancher dessus. Un ultra-trail de tourments pour un 100 mètres de jouissance. La cérémonie d'ouverture, qui a donné le ton de ces JO culottés, c'était hier. Celle de clôture, c'est ce soir. Déjà. Dans dix-sept jours, les Paralympiques offriront l'occasion de prolonger la fête, ou d'y goûter pour ceux qui n'y étaient pas. C'est peu et c'est beaucoup à la fois quand la situation politique est aussi instable... Mais l'heure du premier bilan approche. Il est simple, il se lit dans l'humeur du pays.
Il y a trois semaines, la France sortait d'une séquence infernale qui a bien failli installer un Premier ministre d'extrême droite sur la photo officielle de Paris 2024. Le contexte sécuritaire, avec deux attaques à l'arme blanche contre les forces de l'ordre et les sabotages de lignes TGV, était anxiogène. Même le Covid rôdait. Et l'enthousiasme pour les JO était très minoritaire. Un tsunami de positivité a balayé tout ça dans un silence politique apaisant. Les Français ont communié avec une ferveur rare autour du sport - dans l'esprit de la Coupe du monde 1998 - et ont remisé le déclinisme pour se laisser aller à la fierté d'avoir su bien accueillir le monde dans un écrin unique.