Les JO, « une parenthèse durant laquelle on se rassemble » (Jean Viard, sociologue)
Propos recueillis par Nicolas Prissette
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Jean Viard, sociologue
SIMON LAMBERT/DIVERGENCE
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Jean Viard, sociologue
SIMON LAMBERT/DIVERGENCE
LA TRIBUNE DIMANCHE - Paris 2024 suscite un extraordinaire engouement : les drapeaux tricolores remplissent les stades et les fan zones, le Club France affiche complet... Comment l'expliquez-vous ?
JEAN VIARD - J'ai toujours pensé qu'il en serait ainsi, je l'ai dit de nombreuses fois, contre l'esprit décliniste qui envahit trop souvent les médias parisiens et les élites politiques. Les Jeux olympiques sont, par définition, un moment historique pour le pays où ils se déroulent. On s'en souviendra toute notre vie. Les Français se sont organisés en circonstance : s'ils ne sont pas au restaurant le soir ni encore partis en vacances, c'est parce qu'ils regardent les épreuves à la télévision. Ils en ont fait la priorité à un moment unique de l'année : la compétition se tient au milieu de la période de congés, quand tout le pays s'arrête en même temps ou presque. Cette année, les vacances, c'est d'abord les JO en France !
Les supporters français sont souvent déchaînés, y compris pour soutenir des athlètes en bleu peu connus. Que nous arrive-t-il ?
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Il y a d'abord le plaisir de la gagne. Suivre un match sans soutenir personne, ça ne fait ni chaud ni froid. Donc on soutient les Bleus. Ils nous font exulter s'ils l'emportent et on pleure avec eux s'ils perdent : l'émotion est garantie quel que soit le résultat. Cela montre la capacité d'un groupe à constituer une communauté nationale. Le sentiment patriotique en sort renforcé - avec des athlètes de toutes les couleurs de peau. Il constitue une force constructive qui se transmet du public aux sportifs par les encouragements, les chants, les applaudissements. Il faut distinguer ce sentiment du nationalisme qui, lui, est une force destructive, mais qui n'est jamais très loin, malheureusement.
Propos recueillis par Nicolas Prissette
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