Tour de France : les petites et les grandes peurs de Guillaume Martin
Propos recueillis par Mickaël Caron
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Guillaume Martin en Sicile, en avril 2022.
© LTD / WILLIAM DUPUY/PRESSE SPORTS
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Guillaume Martin en Sicile, en avril 2022.
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SAMEDI PROCHAIN à Florence (Italie), Guillaume Martin prendra le départ de son 8e Tour de France. Classé quatre fois dans les 12 premiers depuis 2019, le grimpeur normand de 31 ans est le plus régulier des coureurs français qui visent le classement général. Cela ne veut pas dire qu'il est toujours serein. Le leader de la formation Cofidis sonde les peurs, anciennes ou actuelles, qui l'accompagnent dans sa pratique.
LA CHUTE. Je ne suis pas psychologue comportementaliste, mais la peur a une fonction. C'est elle, par exemple, qui nous fait freiner en cas de danger. Mais il faut savoir la surmonter quand on est engagé dans une course à la performance, où le coup de frein peut faire la différence entre gagner et perdre. De plus, elle n'évite pas le danger : les coureurs tétanisés dans les descentes ont tendance à chuter davantage que les autres. Paradoxalement, c'est quand on va le plus vite qu'on tombe le moins.
LA NERVOSITÉ DANS LE PELOTON. Dans une course par étapes, plus de 100 coureurs se battent pour rester dans les 20 premières positions. Peu de coureurs peuvent se permettre de rester à l'écart pour éviter une chute. Sur une étape sans relief, les sprinteurs jouent des coudes à l'avant, leurs équipiers aussi, sans oublier ceux qui visent le classement général et leurs escortes. L'embouteillage crée de la tension. En 2022, au départ de Bretagne, c'était chute sur chute pour cette raison.
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LES SPECTATEURS. Quand je regarde une course à la télévision, j'ai beaucoup plus peur alors que je ne risque pas grand-chose. Dans les cols noirs de monde, j'ai déjà trouvé le public très proche des coureurs, au point de me demander si les spectateurs allaient vraiment s'écarter à la dernière seconde. En revanche, quand on est concentré sur son propre effort, on ne se rend pas compte de certains comportements parfois à risque.
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