« Coubertin était très attaché à la flamme olympique », (Éric Monnin, historien du sport)
Mickaël Caron
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Éric Monnin, historien et sociologue du sport.
Eric Monnin
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LA TRIBUNE DU DIMANCHE - Pourquoi étiez-vous en Grèce pour l'allumage de la flamme ?
ÉRIC MONNIN - Fin 2022, le Comité d'organisation [Cojop] m'a confié la mission de sceller une alliance entre le pays hôte et le pays antique des Jeux [il est directeur du centre d'études et de recherche olympiques universitaires]. Les Grecs ont voulu que le relais de la flamme soit un témoignage d'amitié envers la France, l'un des trois pays, avec la Russie et l'Angleterre, qui leur ont permis de se défaire du joug ottoman. J'ai été invité à porter la torche à Nauplie, la première capitale de la Grèce indépendante en 1823. Cette expérience m'a fait prendre conscience de la puissance de l'olympisme.
La flamme olympique ne date pourtant pas de l'Antiquité ?
C'est exact, mais durant la Grèce antique, on organisait à Athènes des courses au flambeau avec des relayeurs, lors de fêtes, de cérémonies ou d'actes religieux. C'étaient des relais d'une distance de 2 500 mètres qui arrivaient généralement sur le plateau de l'Acropole, où se trouve le Parthénon. Dans la religion grecque, le feu est d'origine divine, donc un élément sacré. Les Jeux modernes sont nés avec Pierre de Coubertin, qui s'est saisi de symboles très forts, comme le serment et le village olympiques, qui existaient durant l'Antiquité. En 1928, malade, il n'a pas pu aller aux Jeux à Amsterdam. Il a donc envoyé aux organisateurs une lettre qui disait : « C'est avec un grand regret, profond, que je dois renoncer à me trouver au milieu de vous. Je vous demande de conserver et d'entretenir parmi vous la flamme de l'olympisme rénové ». Ses mots ont été pris au pied de la lettre. Les Néerlandais ont allumé un chaudron dans le stade, comme à l'époque à Olympie. C'est la première fois qu'il apparaît. Coubertin était très attaché à la flamme. Dans la charte olympique de 1921, on trouve l'expression « flambeau olympique ».
Mickaël Caron
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