Situé entre vingt-deux départements et quatre régions, le Massif central constitue la plus grande prairie permanente d'Europe. Ce vaste territoire de 85.000 km2, où l'élevage représente une grande partie du monde agricole, compte aujourd'hui 57.000 exploitations, en très nette diminution depuis cinquante ans, puisqu'elles étaient 221.000 en 1970.
« Entre 2010 et 2020 (derniers chiffres du recensement, NDLR), nous avons perdu 20% d'exploitations sur le Massif Central et 18% du nombre d'emplois, chefs d'exploitations et salariés compris », analyse Nicolas Mullenbach, chargé de mission développement économique au Sidam, le service inter-départemental pour l'Animation du Massif Central.
Le cheptel bovin est lui aussi en déclin. Depuis 2020, le territoire perd chaque année 3% de ses bovins. Si cette dynamique se poursuit, Nicolas Mullenbach estime que le cheptel de vaches allaitantes (consommées pour leur viande) pourrait se réduire de 40% d'ici à 2040.
Et le problème est d'autant plus prégnant que près de la moitié (46 %) des éleveurs du massif seront en âge de partir à la retraite en 2030. Déjà aujourd'hui, un éleveur de bovins sur six, cessant son activité, n'est pas remplacé selon le Modef, le syndicat des exploitants familiaux. Ce choc démographique est l'une des principales préoccupations évoquées dans les allées du Sommet de l'élevage qui se déroule jusqu'à vendredi à Cournon d'Auvergne, près de Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme.