La nouvelle est tombée comme un « couperet » dans le monde agricole, après plusieurs années d'accélération. Le projet de révision de l'arrêté tarifaire S21 par le gouvernement pour les parcs photovoltaïques de faible puissance (entre 100 et 500 kWc — capacité de production électrique dans des conditions standards de référence), devrait rendre caducs de très nombreux projets de centrales solaires sur toitures et ombrières.
Parmi eux : les projets sur toitures agricoles, pour certains financés par des tiers investisseurs, qui investissent dans la construction ou la rénovation d'un bâtiment, y installent et exploitent les panneaux solaires, souvent sur trente ans, tout en versant un loyer à l'exploitant. Les prix d'achat sont quant à eux garantis dès la signature. Avec un tarif passant désormais de 105 à 95 euros le MWh, puis à 85 euros en avril prochain, ces projets devraient perdre leur rentabilité. À titre de comparaison, le tarif était encore de 132 euros début 2024.
«Même s'il y a déjà eu une baisse des tarifs l'année dernière, les projets passaient encore grâce à la baisse du prix d'achat des panneaux, en raison de surstocks en Chine», commente Joël Piganiol, président de la FDSEA du Cantal, délégation départementale de la FNSEA, premier syndicat agricole. «Mais désormais, cela va mettre un vrai coup d'arrêt», poursuit l'éleveur cantalien.