Basée à Grenoble (Isère), l'ancienne division de maintenance des équipements électriques de très haute tension de Siemens (500 collaborateurs) passe aux mains du fonds Ardian. Une opération qui vise à muscler les ambitions de croissance externe de cette ETI.C'est désormais officiel : le fonds Ardian met la main sur les systèmes électriques de l'isérois Mastergrid.
Depuis sa création en 2019, à l'occasion de la reprise des anciennes activités de maintenance des équipements électriques de très haute tension de Siemens, la société était jusqu'ici aux mains du fonds de private Equity Andera Partners (créé lui-même en 2001 par le groupe Edmond de Rothschild).
Un peu moins de six ans et sept opérations de croissance externe plus tard, la PME est passée au stade d'ETI (110 millions de chiffre d'affaires et 500 collaborateurs). Elle se recherchait donc un nouveau partenaire financier, capable de l'accompagner jusqu'à la prochaine marche.
Des cycles de développements à cinq ans
« Cette opération s'inscrivait dans la suite logique de l'engagement de notre actionnaire majoritaire, qui nous accompagnait depuis 2019 sur un horizon d'investissement qui était à l'origine de 4 à 7 ans ainsi que de nos récents développements, qui ont mêlé croissance externe et organique », glisse Ludovic Vallon, président co-fondateur de la société MasterGrid. « Entre 2019 et 2024, nous avons largement diversifié nos activités en ouvrant une dizaine d'agences en France et en créant une dizaine de filiales à l'international, avec un chiffre d'affaires et effectifs multipliés par quatre ».
Avec, à l'origine de son développement, la volonté de se positionner comme un acteur incontournable dans le domaine des services et produits dédiés aux infrastructures critiques comme les centrales de production électrique, les résultats de transport et de distribution d'électricité, et les grands industriels et gestionnaires d'infrastructures (réseaux ferroviaires, tunnels, aéroports, etc).
Dopé par les ambitions françaises et européennes en matière d'électrification, le marché de la réparation et la maintenance de matériels électriques en France représentait un chiffre d'affaires global de 2 milliards d'euros en 2023, selon les chiffres compilés par le cabinet Xerfi. Il est aussi stratégique, à l'heure où l'Europe fixe ses objectifs de décarbonation, mais aussi en matière de sécurisation des approvisionnements énergétiques - comme l'a rappelé le black-out survenu en Espagne il y a quelques semaines. Un marché où s'affrontent déjà des leaders comme les filiales de fabricants de matériels électriques (General Electric, Rehlko, etc) mais aussi des PME.