À elles trois, les flottes d'entreprises de plus de 100 véhicules, celles des loueurs de longue durée (leasing) et celles des loueurs de courte durée représentent les deux-tiers des immatriculations de véhicules légers (voitures et utilitaires). Soit 1,4 million de véhicules en 2024. Conservés en moyenne 3 à 4 ans, ce sont ces véhicules qui viennent ensuite alimenter le marché de l'occasion, sur lequel se font 83 % des achats de particuliers. Autrement dit, plus ces flottes seront électrifiées, plus vite un marché électrique de l'occasion se formera, rendant cette motorisation accessible au plus grand nombre.
En outre, les achats de véhicules pour flottes d'entreprises sont pour moitié composés de marques françaises, et pour un quart, de véhicules assemblés en France. La composition des flottes joue donc un rôle dans la filière automobile française, notamment celle de la voiture électrique. Plus ces flottes seront électrifiées, mieux les constructeurs pourront respecter leurs objectifs en termes d'émissions moyennes de CO2 et mieux la filière pourra atteindre ses objectifs : produire 2 millions de véhicules électriques en France d'ici 2030, multiplier par 4 les ventes de voitures électriques neuves entre 2022 et 2027 et par 6 pour les utilitaires.
À l'échelle nationale, sachant que les transports pèsent toujours plus de 30 % des émissions nationales de gaz à effet de serre (une proportion qui ne diminue pas) et qu'ils sont largement dominés par les transports routiers (passagers et marchandises), l'électrification du parc automobile constitue l'un des principaux leviers pour que la France respecte ses objectifs climatiques et sa stratégie nationale bas carbone (SNBC). Une application correcte de la loi d'orientation des mobilités (LOM) permettrait ainsi de réduire de 37 millions de tonnes les émissions nationales de CO2 des dix prochaines années.