Seuls 670 camions électriques ont été immatriculés l’an dernier en France. Le constructeur Renault Trucks, qui en a vendu les trois quarts, appelle les pouvoirs publics à davantage accompagner la filière.À l'instar de l'automobile, le secteur des poids lourds est lui aussi engagé dans l'électrification. L'Europe pousse les constructeurs en ce sens. La réglementation vise une réduction des émissions de CO2 des camions de 15 % entre 2019 et 2025, et de 30 % d'ici à 2030. Il n'empêche qu'aujourd'hui, les poids lourds électriques restent ultra-minoritaires sur les routes de France. Le constructeur Renault Trucks a indiqué ce jeudi en avoir immatriculé 510 l'an dernier, sur un marché de 670 véhicules. C'est peu, au regard des plus de 48 000 poids lourds vendus en 2024.
Christophe Martin, le directeur général de Renault Trucks France, qui appartient au groupe Volvo, considère qu'une accélération de l'électrification des flottes nécessite davantage « d'accompagnement des pouvoirs publics ». Le dirigeant appelle surtout à « mettre la pression sur les chargeurs ». Ces derniers, à l'instar des grands groupes de distribution et autres gros industriels, sont les donneurs d'ordres du transport routier. Ce sont qui, concrètement, font appel aux services des transporteurs, qui achètent les camions. « Aujourd'hui, en matière de transition vers l'électrique, la seule contrainte pèse sur les constructeurs », se désole Christophe Martin.
Une réforme bienvenue des aides financières
Si Renault Trucks fabrique des véhicules électriques, ceux-ci coûtent encore trois à quatre fois plus cher que leurs équivalents diesel. Pour se les offrir, et surtout les rentabiliser, les transporteurs ont besoin que leurs clients, les chargeurs, changent leurs habitudes, et s'engagent sur des contrats plus longs ou à des prix plus élevés. Or d'après Christophe Martin, ceux-ci « ne sont pas toujours prêts à signer ».
Le dirigeant salue toutefois une évolution dans l'attribution des aides pour l'achat de poids lourds électriques. « Au début d'année, le système des appels à projets de l'Agence pour la transition écologique [Ademe] a été remplacé par des certificats d'économies d'énergie », explique-t-il. « C'est une excellente nouvelle », poursuit-il, soulignant que, désormais, tout véhicule électrique bénéficiera désormais avec certitude d'une aide financière. « Les montants sont significatifs, se félicite Christophe Martin. Il s'agit d'aides de 60 000 euros sur un tracteur, de 30 000 à 60 000 euros pour un porteur, et de 3 000 à 5 000 euros pour un véhicule utilitaire. »