Dans le Beaujolais rhodanien, la PME Hekipia surfe sur la tendance des "tiny houses", en ayant réussi à adapter son process industriel de fabrication de chalets de camping à la production de ces mini-maisons, utilisées comme des extensions ou des hébergements transitoires. Un marché qui connaît un regain d'intérêt chez les particuliers, jusqu'à cibler aussi désormais de nouveaux usages, comme la fourniture de logements à destination des plus précaires.Ce sont des petites maisons par leur taille, mais grandes par leurs ambitions ainsi que par l'attrait qu'elles suscitent. Depuis la crise sanitaire, les aspirations des Français sont tournées vers l'amélioration de leur intérieur et de leurs logements, les conduisant à étudier de nouvelles solutions d'aménagement.
Et le segment des "tiny houses", ces micro-maisons de 15 à 20 m2 maximum, apparues aux Etats-Unis aux lendemains de la crise financière de 2008, reviennent désormais sur le devant de la scène et s'inscrivent désormais comme une tendance en France. On en compterait déjà près d'un demi-millier à l'échelle de l'Hexagone fin 2020, et le marché français compterait déjà une vingtaine de constructeurs, dont des menuisiers ou charpentiers mais aussi des architectes ou designers, reconvertis aux atouts de ce nouveaux modèle d'hébergement.
En région lyonnaise, c'est le fabricant Hekipia, une filiale du groupe d'Huttopia conduite elle aussi par l'entrepreneur Olivier Bossanne, qui s'est lancée sur ce segment. Et cela ne date pas d'hier puisque dès 2015, Hekipia avait repris Gitotel, un fabricant de longue date de bungalows pour le marché des campings. Celui-ci vivait alors un creux, ses ventes étant passées de 1.500 à 70 chalets par saison.
Mais désormais, Gitotel, dont la production a déménagé dans une petite commune du Beaujolais rhodanien à Chessy, emploie ainsi 40 personnes (contre 7 en 2015), avec une usine de 9.000 mètres carrés et un chiffre d'affaires annuel de 20,6 millions d'euros enregistré en 2019. La production a d'ailleurs bondi, et s'affichait à 700 chalets en 2019, et même désormais 1.000 unités projetées cette année.
Un rebond alimenté par un nouveau positionnement
Pour expliquer un tel rebond, il faut revenir à la reprise de Gitotel par Hekipia, quand Olivier Bossanne a choisi de réhausser la qualité des chalets, en privilégiant l'utilisation du bois pour ses "tiny houses", destinées à l'origine au marché des campings, avec des consommateurs qui semblent sensibles à cette nouvelle offre, "plus nature". Et en lien direct avec les activités de la principale entreprise d'Olivier Bossanne, Huttopia, spécialisée dans l'aménagement et l'exploitation de campings et de villages forestiers et pour laquelle Hekipia produit des chalets.