Adocia déploie son portefeuille d'insulines nouvelle génération
Marie-Annick Depagneux
Marie-Annick Depagneux
Adocia veut se concentrer sur le diabète, tout un moins pour un certain temps, compte tenu des besoins de ce marché. La biotech lyonnaise, créée en 2005, possède aujourd'hui dans son portefeuille trois insulines de nouvelle génération ayant apporté la preuve de concept (démonstration de faisabilité).
Elles ont été formulées, à partir de protéines thérapeutiques déjà approuvées, en utilisant sa plateforme brevetée "BioChaperone", de délivrance moléculaire. Son produit, le plus avancé, BC Lispro U200, devrait entrer, cette année, en études cliniques de phase III auprès de patients. L'annonce a été faite par l'américain Eli Lilly* qui a acquis la licence spécifique de cette insuline à libération ultra-rapide, en décembre 2014.
Le deuxième traitement, BC Combo, une combinaison de deux insulines, une lente et une rapide, rendues bio-compatibles, permet, lui, de réduire le nombre d'administrations. Et son coût est jugé compétitif par Gérard Soula, Pdg fondateur de Adocia, coté en bourse depuis 2012.
Un possible partenariat industriel, pour ce deuxième produit, se négocierait avec Lilly ou plus probablement le français Sanofi**.
Le troisième projet BC HinsBet est une insuline humaine dont la rapidité d'action a été accrue. Moins chère à produire qu'une insuline analogue, elle intéresse les pays émergents, en particulier. Et les études intermédiaires ont donné des résultats présentés comme encourageants.
Quant au BC PDGF-BB, formulation innovante pour le traitement des ulcères du pied diabétique, "nous terminons l'étude de phase III en Inde", indique Gérard Soula. En fonction des données cliniques, une autorisation de mise sur le marché sera demandée en Inde et dans d'autres pays d'Asie du Sud-Est.
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Ces ulcères, qui sont une complication du diabète, constituent un vrai problème de santé publique provoquant "un million d'amputations par an" dans le monde.
Adocia a empoché, à ce jour, 60 millions de dollars d'Eli Lilly sur un accord qui peut lui rapporter 570 millions de dollars à terme.
La jeune pousse a publié 36,9 millions de chiffre d'affaires en 2015 contre 704 000 d'euros un an plus tôt. Elle a dégagé l'an dernier un profit net de 12,6 millions en normes IFRS après amortissements.
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La société qui emploie 110 salariés, dont 40 docteurs et doctorants, a bénéficié de 6,8 millions de remboursement au titre du crédit d'impôt recherche. Sa confiance dans l'avenir l'a convaincue de signer un compromis pour acquérir, auprès de la métropole de Lyon, le bâtiment de 7 000 m² dont elle est locataire, dans le 8e arrondissement, pour un montant de 5 millions d'euros hors TVA et frais d'enregistrement.
Par ailleurs, elle s'est dotée d'une filiale aux États-Unis, en mars 2015, qui compte deux personnes.
*Le Lispro original est commercialisé par Eli Lilly
**Le BC Combo associe le Lispro, d'Eli Lilly, et le Lantus, de Sanofi
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