Benta Lyon se lance dans la production de paracétamol pédiatrique
Emma Rodot

Benta Lyon est lauréat de la seconde vague du plan de relocalisation des médicaments de France 2030.
Benta Lyon
Emma Rodot

Benta Lyon est lauréat de la seconde vague du plan de relocalisation des médicaments de France 2030.
Benta Lyon
Benta Lyon veut que l'année 2025 soit celle de l'affirmation. Le fabricant lyonnais de médicaments génériques, qui travaille en sous-traitance avec une trentaine de clients dont Sanofi, Delbert ou Procter & Gamble, en plus de son propre portefeuille, vient d'obtenir en ce sens un nouveau soutien de l'Etat.
L'usine est en effet lauréate de la deuxième vague du programme de relocalisation des médicaments du plan France 2030, dévoilée début janvier par le gouvernement. Cette subvention, de 200.000 euros, lui permet de consolider son investissement d'1 million d'euros pour lancer un nouveau produit : le paracétamol pédiatrique en sirop 2,4%, qui pourrait être commercialisé en 2026, une fois toutes les autorisations de mise sur le marché obtenues.
Un dossier tout particulièrement observé depuis la cession, en octobre dernier, de la moitié de la filiale Opella de Sanofi au fonds américain CD&R. Une filiale en charge de la production du Doliprane.
Il faudra donc encore 18 mois de travail à Benta Lyon avant que le produit puisse être mis en vente dans les premières officines, confirme Damien Parisien, le directeur général exécutif du laboratoire. « Le temps de finaliser l'étude de procédé, les matières que nous allons utiliser et de déposer une demande d'Autorisation de mise sur le marché (AMM) auprès de l'Agence du médicament ».
L'objectif est de produire in fine jusqu'à 1 million de flacons par an, « enrobés » en France à partir d'un principe actif quant à lui produit par Seqens à l'étranger, et prochainement dans son usine de Roussillon (Isère), qui devrait ouvrir fin 2025. Soit une « goutte d'eau » par rapport au marché et ses 29 millions d'unités de paracétamol pédiatrique vendues en 2023 en France, contre 512 millions pour le paracétamol adulte. Mais aussi bien peu de choses par rapport aux capacités de production totales du site lyonnais.
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Si Benta Lyon fabrique en effet déjà huit médicaments et une soixantaine de dispositifs médicaux dans le Rhône, toujours à partir de principes actifs développés et produits par des laboratoires, seuls « 7 à 10% de la capacité de production de l'usine est aujourd'hui utilisée », précise Damien Parisien. L'enjeu est donc non seulement de pousser la production des formules existantes, mais surtout d'en développer ou d'en acquérir de nouvelles.
L'entreprise s'était d'ailleurs positionnée en 2024 pour reprendre le fabricant de médicaments génériques Biogaran détenu par Servier (1.000 références, 32,5% du marché français), également convoité par les laboratoires indiens Torrent et Aurobindo, et le fonds d'investissement britannique BC Partners. Après plusieurs mois de négociations, le laboratoire Servier a finalement suspendu la transaction. Mais Benta Lyon assure vouloir conserver cette dynamique pour 2025. Le fabricant lyonnais se fixe un objectif compris entre 23,5 et 24 millions d'euros de chiffre d'affaires pour cette année, contre 14 millions d'euros en 2023 et 8,3 millions d'euros en 2022.
Pour cela, l'entreprise veut notamment ajouter 30 nouveaux médicaments par an dans son giron, dont 15 sont déjà dans les tuyaux. Elle a, par exemple, acheté en octobre la formule de l'Esomeprazole contre les sécrétions gastriques, qu'elle prévoit de lancer sur le marché au premier semestre 2025, tandis qu'elle commercialise depuis ce début d'année le Fingolimod, dans le traitement de la sclérose-en-plaques.
Benta Lyon mise ainsi sur une forte croissance externe, pour rééquilibrer ses deux activités : son propre portefeuille de médicaments d'un côté, et son activité de sous-traitance, majoritaire, de l'autre.
Elle prévoit, parallèlement de lancer la construction, à partir de mi-2025, d'une nouvelle ligne de production de formes stériles pour des médicaments injectables. Un investissement de plusieurs millions d'euros qu'elle effectue pour le compte d'un de ses clients.
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Une nouvelle étape devrait également être franchie pour son paracétamol en comprimé : après avoir obtenu cet été le remboursement par la Sécurité sociale de son premier produit, le paracétamol 500mg, Benta devrait prochainement se lancer dans la production du 1.000 mg. Ce qui ouvrirait la porte d'un marché bien plus vaste. Car malgré le lancement en trombe de son paracétamol l'année dernière, Benta est « encore loin de toucher l'ensemble des 20.000 pharmacies françaises », confirme son directeur général exécutif.
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