Médicaments : vitrine de la « relocalisation », Seqens met à l’arrêt son usine de Villeneuve-la-Garenne
La Tribune Auvergne-Rhône-Alpes
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Seqens a annoncé mardi la fermeture de son usine de Villeneuve-la-Garenne et la suppression de 86 postes.
Yves Herman
Après un plan social en octobre 2023, PCAS, filiale de Seqens basée à Ecully (Rhône) a présenté le 14 janvier aux partenaires sociaux son projet de fermeture du site de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine). 86 salariés sont concernés.
Décrite par l'Elysée comme « un exemple de relocalisation par l'innovation » lors de la visite du président Emmanuel Macron, en août 2020, l'usine de PCAS située à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), n'a pas réussi à transformer l'essai.
Les prémices de sa fermeture s'annonçaient déjà dès 2023. Une première vague de licenciements avait alors frappé 45 salariés du groupe, en raison de ses difficultés financières.
Ce mardi 14 janvier, un nouveau couperet est tombé pour les 86 salariés restants du site (dont 84 sont en CDI). La direction a en effet annoncé aux partenaires sociaux sa décision de fermer l'usine historique du groupe, en activité depuis 130 ans. La production doit s'arrêter mi-2025 et un plan de sauvegarde de l'emploi est également prévu.
«La société PCAS est pleinement consciente de l'impact qu'un tel projet pourrait avoir sur les salariés»,rapporte L'Usine Nouvelle.«C'est pourquoi la direction compte tout mettre en œuvre pour en atténuer les conséquences en faisant de l'accompagnement des salariés sa priorité,assure d'ailleurs Jean-Louis Martin, Président de PCAS.Une recherche active de repreneurs est également en cours pour recréer de l'activité sur le site», indiquent également nos confrères.
En cause, la chute brutale de son chiffre d'affaires. De 42,2 millions d'euros en 2022, celui-ci a été divisé par sept en un an pour atteindre 7,2 millions d'euros en 2024. Et les projections pour 2025 ne sont pas plus réjouissantes puisqu'elles visent un chiffre d'affaires divisé par deux, autour des 3,4 millions d'euros.
Perte de clients et conjoncture économique
Si plusieurs raisons sont avancées, la première serait un différend avec la biotech belge Mithra qui commercialise des pilules contraceptives. La nouvelle unité UPP30, inaugurée en 2020 par le président de la République, et qui a coûté 36 millions d'euros d'investissement, devait en effet fabriquer des « molécules hautement actives » dans le domaine de la contraception, pour cette société, détaille Le Parisien.
Cette nouvelle production devait insuffler un nouveau souffle afin d'effacer le déclin inexorable d'une dizaine de produits anciens, dont l'héparinate de benzéthonium de Sanofi qui avait fait les beaux jours du site, développe L'Usine Nouvelle.
Newsletter
Ma Tribune
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.