Eaux, sols, forêts... Protégeons nos ressources
Frédéric Denhez
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Istock
Frédéric Denhez
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
Istock
La biodiversité, mot technique pour désigner le vivant dans la nature, englobe tout ce qui respire sur cette planète, dont nous, espèce humaine, et ce sont les collectivités locales et territoriales qui s'en occupent au quotidien. L'État cadre, les régions, les départements et les communes agissent. Depuis la loi Maptam de 2014, les premières se sont par exemple vu attribuer un « rôle de coordination et d'animation de l'action commune des collectivités pour exercer une compétence partagée par plusieurs niveaux de collectivités ». La région ne décide de rien, mais fait en sorte que tout aille dans le sens de l'intérêt général fixé par l'État et l'Europe. Avec son Schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires (SRADDET), elle dispose d'un document de planification qui intègre la biodiversité, auquel les documents d'urbanisme tels que les Plans locaux d'urbanisme (PLU) et les Schéma de cohérence territoriale (Scot) doivent être conformes. La loi biodiversité a en plus imposé aux régions l'élaboration d'une Stratégie régionale biodiversité (SRB), dans le cadre de la Stratégie nationale biodiversité (SNB). Un même processus participatif qui, lorsqu'il est bien fait, c'est le cas en Occitanie et en Pays-de-la-Loire, aboutit à la déclinaison chiffrée, objectivée, précise, de principes souvent trop généraux. Le but de ces plans administratifs est d'intégrer la biodiversité dans toutes les politiques publiques territoriales, de la placer en filigrane des décisions. Ce n'est pas rien.
À lire également
Et pour que le message soit bien clair, les régions ont l'obligation de créer des Agences régionales de la biodiversité (ARB), déclinaisons territoriales de l'Office national de la biodiversité (OFB). Comme les agences de l'eau, pour l'eau, leur rôle est d'informer, de former, d'accompagner et de financer toute action relative à la biodiversité. Les Hauts-de-France, la Corse et la Guyane sont à la traîne, la plupart des autres ont constitué la leur en coopération avec les départements dont le rôle est majeur en matière de vivant : les Espaces naturels sensibles (ENS) sont des infrastructures charnières pour la préservation d'écosystèmes sensibles aux stress. Sur 99 départements, ils sont 4 000, couvrant 200 000 hectares environ. Même si l'électeur ne s'y rend jamais, il doit savoir une chose : c'est lui qui le finance, via la part départementale de la taxe d'aménagement qu'il paie lorsqu'il vend puis achète un logement. Cela dit, il y va souvent sans s'en rendre compte, car les ENS sont des grands espaces ouverts au public, aménagés pour cela, c'est même leur vocation.
Frédéric Denhez