« L’arbre n’a besoin de rien d’autre que de lui-même pour vivre heureux », Alain Baraton
Valérie Abrial
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Alain Baraton, jardinier en chef du Domaine national de Trianon et du Grand Parc de Versailles
DR
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Alain Baraton, jardinier en chef du Domaine national de Trianon et du Grand Parc de Versailles
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Depuis quelques années, la prise de conscience que la Nature est une entité vivante se fait de plus en plus visible de par le monde. La protection de certaines espèces végétales devenant même une priorité environnementale. Pensez-vous que nous sommes à un point de bascule ?
Alain Baraton Je vais vous raconter une anecdote très symbolique sur le sujet. Je suis très ami avec le Père Thierry de L'Epine, qui il n'y a pas longtemps, se posait des questions sur Notre-Dame de Paris à laquelle il voue une admiration extraordinaire. Il a appris que des chênes plusieurs fois centenaires allaient servir pour refaire la fameuse charpente de l'édifice. Il n'a pas pu rester indifférent au fait que des arbres vieux de plusieurs siècles allaient être coupés pour une cathédrale. Alors qu'à l'origine, ces arbres avaient été plantés pour devenir justement des poutres à cathédrales. Cette réflexion m'a fait plaisir car cela prouve que l'Humanité commence à se rendre compte que les arbres sont des êtres vivants. Tout vient de là. Beaucoup ont encore du mal à s'imaginer qu'une plante est comme un animal, ou un être humain, c'est-à-dire un être vivant.
Un arbre est vivant parce qu'il naît, parce qu'il se développe, parce qu'il se nourrit, parce qu'il respire, transpire, se multiplie et meurt. Je ne dis pas pour autant qu'il a une conscience. Mais à partir du moment où l'arbre est vivant, on le voit différemment. Et l'on prend conscience que parfois, on le coupe pour des raisons futiles.
Il faut accepter l'idée que couper un arbre est nécessaire pour certaines utilisations que les Hommes en font, mais il faut se rappeler aussi que l'arbre, étant vivant, quand il a franchi un certain âge, il doit être respecté au titre de doyen.
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Que l'on coupe des arbres pour faire des meubles, c'est légitime. Que l'on exploite une forêt pour faire des poutres pour une cathédrale, c'est légitime, mais que l'on détruise des arbres le long des routes pour rien, que l'on abatte des tilleuls vieux de 400 ans pour construire un abribus, c'est surréaliste, ou que l'on coupe un arbre simplement parce qu'un propriétaire a décidé de s'en défaire, c'est purement insupportable. Il aura fallu des milliers d'années pour que quelques personnes, dont je fais partie, affirment que l'arbre est un être vivant et doit être considéré en tant que tel.
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Valérie Abrial