« Si nous le voulons, nous nous dirigeons vers une vie plus harmonieuse », Dominique Bourg
Propos recueillis par David Medioni
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Hamilton de Oliveira pour La Tribune
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Dans le cheminement vers ce que vous appelez dans l'un de vos ouvrages, l'« écologie intégrale », vous insistez sur la notion, voire le besoin de « désobéissance civile » si les gouvernements ne prennent pas réellement et radicalement en compte l'écologie... Qu'entendez-vous exactement dans cette idée ? En quoi la désobéissance civile peut-elle faire avancer la cause écologique ?
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Dominique Bourg La désobéissance civile présuppose la démocratie. L'un est le pendant de l'autre. En dictature, la désobéissance civile n'existe pas. Il me paraît important de poser cela comme prérequis. Ensuite, sur le temps long de l'histoire, ce qui apparaît est que si l'idée de désobéissance civile disparaît par périodes, elle ressurgit quand il y a un décalage important entre le pouvoir et les citoyens. Souvent ce décalage a trait à la question de la gestion des risques. Habituellement, une loi évolue après un accident. Cependant, en matière de nucléaire il est absurde d'attendre l'accident pour tenter de faire bouger la loi. Ainsi, des ONG comme Greenpeace prennent alors le flambeau de la désobéissance. Au point où nous en sommes aujourd'hui au niveau écologique, avec le retard que nous avons, tout cela est plus compliqué car il ne s'agit plus seulement de changer une loi mais l'organisation de la société. Nous sommes là sur un enjeu systémique et non circonscrit. Nous sommes face à un décalage entre nos connaissances (les fuites sur le rapport du GIEC en juin ont d'ailleurs été très significatives) et puis la manière dont les politiques publiques sont conduites.
Propos recueillis par David Medioni