Vivendi devra encore affronter deux nouveaux procès d'actionnaires

Vivendi chiffre à 800 millions d'euros le coût 
de la procédure en nom collectif jugée en janvier à New York. D'autres plaintes d'actionnaires - Liberty Media et une série de fonds - doivent encore être jugées.
(Crédits : © 2010 Thomson Reuters)

Lors de l'assemblée générale de jeudi, Vivendi a, à nouveau, fustigé la « class action » (procédure collective) menée contre le groupe aux États-Unis. Si Jean-Bernard Levy, président du directoire garde la  « conviction qu'à la fin de la procédure, nous n'aurons rien à payer», le président du conseil de surveillance, Jean-René Fourtou, a évalué l'addition à 800 millions d'euros : 250 millions de frais de procédure, le solde correspondant à la provision passée suite à la condamnation de Vivendi en janvier par le jury.  « Au total, les avocats vont toucher 360 millions, et les actionnaires seulement 440 millions », a-t-il  déploré.

D'autres plaintes indivisuelles d'actionnaires son en cours
Toutefois, cette addition ne correspond qu'à la première « class action ». Elle devrait s'alourdir avec deux autres procès à venir. Il s'agit, là encore, d'actionnaires accusant la société de fraude sous l'ère Messier, et réclamant des dommages. Ces actionnaires veulent s'appuyer sur le verdict de janvier pour demander la même indemnisation.

Mais alors que dans une « class action » classique, seuls 30 % des actionnaires ont gardé la preuve de la détention de leurs actions et sont donc indemnisés, une telle « évaporation » ne se produira pas pour les autres procès, qui ont été enclenchées par des investisseurs institutionnels.
instruction commune

John Malone avait porté plainte dès mars 2003
L'une de ces procédures a été lancée par Liberty Media, le groupe du magnat John Malone. Il avait reçu 37,4 millions d'actions Vivendi en échange de sa participation dans USA Networks. En décembre 2001, lorsque cet échange est annoncé, ces actions Vivendi valaient 2,1 milliards d'euros. Mais, une fois l'accord finalisé en mai 2002, elles ne valent plus que 1,3 milliard. Et seulement 666 millions d'euros quand Liberty Media les revend à l'automne 2003. Furieux de cette perte, John Malone avait donc porté plainte contre Vivendi dès mars 2003.
Il pourrait voir son affaire jugée au plus tôt à l'automne 2010. Si on lui applique le verdict de janvier, il aurait droit à l'indemnisation maximale (11 euros par action, soit au total 411 millions d'euros) : son accord avec Vivendi a été annoncé le 17 décembre 2001, juste au moment où, selon le jury, la fraude était maximale.

Le calcul de l'indemnisation sert les intérêts de John Malone

Pour Vivendi, ce n'est pas un hasard : toutes ces procédures feront certes l'objet de procès distincts, mais leur instruction a été commune et a utilisé les travaux du même expert, Blaine Nye, engagé à l'origine par Liberty Media, et qui avait donc intérêt à maximiser le dommage subi par son client.


Les autres contentieux ont été lancés par une multitude de sociétés de gestion qui n'ont pas rejoint la première « class action ». En effet, certains fonds ne pouvaient le faire car seules 4 nationalités étaient autorisées à participer à la « class action » : États-Unis, France, Grande-Bretagne et Pays-Bas. C'est le cas de fonds allemands (Allianz, Deutsche Bank, WestLB), belges (Fortis), suisses (Swiss Life)... Mais des fonds américains (Gamco Gabelli), français (AGF Asset Management), britanniques (Scottish Widows, Lloyds TSB, Abbey Life)... ont eux-aussi préféré engager des procédures séparées.

Ils espèrent toucher des dommages plus importants : les avocats touchent moins d'argent dans une procédure individuelle. Interrogé, Vivendi s'est refusé à tout commentaire.

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